Monde ANIMAL (Eucaryotes Invertébrés) : ARTHROPODES, Hexapoda,
Insecta : Près de 1,3 million d'espèces (près de 10.000 nouvelles espèces inventoriées par an).
Pterygota, Neoptera, Holometabola, Hymenoptera (entre 1 et 5 millions d'espèces, une centaine de familles) |
La Résilience des Abeilles (Survie)
Apocrita, Aculeata, Apoidea, Anthophila (7 familles, env 20.000 espèces) |
Les Abeilles aussi se Protègent par la Distanciation Sociale |

A.T. - SCIENCES ET AVENIR N°900 > Février > 2022 |
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Des Abeilles équipées Contre le Varroa |

P.K. - SCIENCES ET AVENIR N°877 > Mars > 2020 |
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Abeilles : Leurs Stratégies de Survie |
Pour résister aux maladies, les abeilles doivent butiner des fleurs de plantes variées. Or le pollen dont elles se nourrissent diminue en quantité et en qualité.
Pour expliquer le déclin des populations d'abeilles domestiques et sauvages, on a beaucoup incriminé les pesticides. De fait, la nocivité de certains d'entre eux a été établie, en laboratoire et en champ. Mais c'est l'arbre qui cache la forêt. Les abeilles sont frappées par un grand nombre de stress qui, combinés, ont plus d'effets que s'ils étaient appliqués séparément. Résisteront-elles à cet «effet cocktail» ? Nous ne jouerons pas les oracles. Néanmoins, notre enquête montre aujourd'hui qu'elles ont en elles des ressources pour résister à certaines de ces menaces. Des ressources que les scientifiques commencent à exploiter.
90 % DES ESPÈCES À FLEURS survivent uniquement grâce à l'action des insectes pollinisateurs. Et 75 % de la production mondiale de cultures alimentaires en dépend également, au moins en partie.
30 % DES COLONIES D'ABEILLES meurent à la fin de l'hiver en France. Mais les apiculteurs parviennent à reconstituer le cheptel.

CONTRE LE VARROA, TRANSMETTRE LE GÈNE DE LA RÉSISTANCE : Certaines populations d'abeilles ont développé une surprenante tolérance au varroa. Les chercheurs essaient de la comprendre pour mieux protéger les ruches. (Rafaële Brillaud, journaliste)
Une colonie infestée par l'acarien varroa meurt dans un délai de six mois à deux ans.
Certaines abeilles évitent les effets délétères de l'acarien en s'épouillant ou en repérant à l'odeur les alvéoles contaminées.
Le caractère héréditaire de cette résistance a été identifié, ce qui permet de développer de nouvelles approches pour identifier des colonies naturellement résistantes au varroa.

LE VIRUS DES AILES DÉFORMÉES RÉPANDU PAR L'ACTIVITÉ HUMAINE : Le virus des ailes déformées, du nom d'un des symptômes aisément identifiables qu'il cause chez l'abeille, a été découvert au Japon, au début des années 1980, et rapidement identifié sur tous les continents. Transmis majoritairement par Varroa destructor , il s'est répandu à travers le monde et est devenu une menace majeure pour les abeilles mellifères. La façon dont il infeste la ruche, du couvain à la reine, grâce au varroa, est bien connue. De fait, les abeilles infestées, non viables, sont éliminées de la ruche par des ouvrières saines. À des charges plus faibles, les symptômes d'ailes déformées ne sont pas visibles, mais la durée de vie des abeilles reste affectée. Pour comprendre comment l'épidémie s'est diffusée à un niveau global et le rôle joué par le varroa dans cette diffusion, Lena Wilfert, de l'université d'Exeter, au Royaume-Uni, et son équipe se sont penchés sur cette énigme avec une approche moléculaire. Ils viennent de montrer que le virus s'est répandu à partir d'une source commune : l'abeille mellifère européenne (1). Cette diffusion a été portée par le commerce de ces insectes d'un continent à l'autre, et alimentée par la dissémination de l'acarien vecteur. Il y a donc, selon les auteurs, urgence à réglementer ce commerce, d'autant que le virus commence à s'attaquer aux autres insectes pollinisateurs qui entrent en contact avec ces abeilles infestées. Bérénice Robert : (1) L. Wilfert et al., Science, 351, 594, 2016.

LES BUTINEUSES ONT DU NEZ : Les abeilles sont capables de distinguer avec finesse de multiples odeurs. Cette capacité essentielle à l'organisation complexe de la ruche est assurée par un appareil olfactif et un encodage cérébral très efficaces. (Oriane Dioux, journaliste)
Pour choisir les fleurs les plus généreuses en pollen et en nectar, les abeilles différencient les odeurs, même lorsqu'elles sont très similaires.
L'information olfactive est encodée dans le cerveau en activant de façon combinatoire différents jeux de neurones.
Dans le cerveau de l'abeille, les phéromones émises par la reine sont traitées séparément de celles émises par les larves.
La réaction d'une abeille face à l'odeur d'une fleur se mesure à sa trompe. Ainsi, lorsque l'odeur correspond à la variété pour laquelle elle a déjà reçu une récompense, elle étend plus rapidement et plus longtemps sa trompe que devant une odeur connue mais qui n'est pas associée à une ressource nutritive.
163 : C'EST LE NOMBRE DE RÉCEPTEURS OLFACTIFS différents que possède l'abeille. La drosophile en a 62, le moustique 79, et certaines fourmis près de 600.
C.H. - LA RECHERCHE N°516 > Octobre > 2016 |
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L'Insecticide qui Favorise les Abeilles |
L'équipe d'Angharad Gatehouse, à l'université de Newcastle (Angleterre), a mis au point un nouvel insecticide à base d'w-hexatoxine-Hv1a, une petite protéine toxique contenue dans le venin d'une redoutable mygale du sud-est de l'Australie, Hadronyche versuta.
Combinée à une protéine issue du perce-neige afin de passer la barrière intestinale des insectes, celle-ci s'est révélée être un insecticide efficace contre plusieurs espèces néfastes pour les cultures... mais pas contre les abeilles. A l'inverse des pesticides couramment utilisés à travers le monde, ce nouveau biopesticide n'a d'effet ni sur la mortalité ni sur les performances cognitives de ces pollinisatrices.
C.H. - SCIENCE & VIE N°1163 > Août > 2014 |
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Abeilles : La Génétique à leur Rescousse |
Quel fléau décime actuellement les abeilles américaines ? Des outils génétiques de pointe ont enfin permis de le savoir : il s'agit d'un virus ayant muté.
Les abeilles n'avaient pas besoin de ça ! Car après bien des malheurs (voir "Contexte"), voici qu'un nouveau fléau vient de s'abattre sur elles, cette fois aux États-Unis. À la fin de l'hiver dernier, les apiculteurs nord-américains ont en effet vu leurs ruches se vider inexorablement de leurs ouvrières. Une véritable hécatombe puisque ce Colony Collapse Disorder (CCD), ou Syndrome d'effondrement des colonies, a tué de 50 à 90 % des abeilles. Quel mal a cette fois bien pu décimer les abeilles pendant l'hivernage ?
Parasites, virus, pesticides, malnutrition... les candidats ne manquent certes pas à l'appel ! Or, en septembre dernier, un coupable a enfin pu être désigné. Et cela, grâce à une mobilisation aussi inédite que d'envergure.
En effet, pour mettre la main sur le mystérieux meurtrier, une équipe de chercheurs, dirigée notamment par lan Lipkin, de l'université Columbia (New York), a procédé à une étude d'un genre particulier, baptisée "métagénomique". Soit le recours aux dernières méthodes de la génétique (puces à ADN, traitement informatique) afin de révéler la présence de génomes étrangers dans un organisme. Plus précisément, l'idée a consisté à procéder à l'analyse du génome de tous les parasites, bactéries et autres virus qui vivent sur et dans une abeille - ce qu'on appelle son métagénome. Sachant que le génome de l'abeille domestique Apis mellifera a été décrypté en mars 2006 par plus d'une centaine de scientifiques regroupés dans le Honeybee genome sequenting consortium, les "détectives" de Columbia ont alors comparé le métagénome d'abeilles saines avec celui des butineuses provenant des ruches touchées par le CCD. Pour finalement en déduire l'élément disparate. Un travail de longue haleine, qui a mobilisé rien moins qu'une dizaine de laboratoires dans le monde maîtrisant cette technique sophistiquée d'investigation. Dans un premier temps, cette recherche métagénomique a confirmé ce qu'on pensait déjà : l'abeille est une véritable "boîte noire" dans laquelle grouille une flore bactérienne très abondante, composée de champignons, de virus et de bactéries dont la plupart des membres sont inoffensifs.
AUCUN CADAVRE RETROUVÉ : Puis l'étau s'est resserré autour d'un virus inconnu... sur le sol américain. Car le Israeli acute paralysis virus (IAPV), c'est son nom, a en fait été découvert en Israël en 2004. Oui, mais c'est la première fois qu'il est détecté outre-Atlantique. Et il semble bien être le coupable recherché : les scientifiques l'ont retrouvé systématiquement dans le métagénome des abeilles issues des ruches frappées par le syndrome d'effondrement des colonies, alors qu'il était absent des colonies saines.
"Ce microbe n'est pas nouveau chez l'abeille, mais il s'agit là d'une souche ultravirulente, qui tue plus et plus vite que le virus israélien", souligne Philippe Vannier, directeur de la santé animale à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Par ailleurs, les apiculteurs n'observent pas les mêmes manifestations. Le virus connu en Israël provoque des tremblements, puis une paralysie létale des butineuses dont les corps inanimés s'amassent au pied de la ruche. Aux États-Unis, les propriétaires de ruchers ont observé un phénomène plus étrange : aucun cadavre n'est retrouvé à proximité des ruches, comme si les ouvrières étaient parties à la recherche de pollen et n'étaient plus jamais revenues, laissant derrière elles une reine au milieu de larves saines. "Le virus a probablement muté et acquis à cette occasion une nouvelle virulence associée par exemple à une perte de mémoire ou du sens de l'orientation des abeilles", avance Yves Le Conte, directeur du laboratoire biologie et protection de l'abeille à l'Inra (Institut de recherche agronomique), pour expliquer que les abeilles ne retrouvent pas le chemin de la ruche. Mais, pour l'instant, cette probable mutation reste inconnue.
Comment le virus israélien a-t-il envahi les ruchers américains ? Pour le savoir, l'équipe de Ian Lipkin a d'abord analysé la gelée royale importée de Chine. Cette substance nourrit le couvain (ensemble des larves de la ruche) pendant trois jours. Si ce régime "royal" se poursuit jusqu'au cinquième jour, la larve devient alors... reine. Les États-Unis importent donc de la
gelée en quantité depuis la Chine, premier producteur mondial. Or, la gelée royale soumise au test des chercheurs américains contenait le fameux virus IAPV... Mais les regards des spécialistes se sont essentiellement tournés vers l'Australie. Pourquoi ? L'IAPV aurait en fait été introduit aux Etats-Unis à partir de 2004, date à laquelle a été autorisée l'importation de reines australiennes, vierges de Varroa destructor, redoutable acarien rouge qui se nourrit de l'hémolymphe des abeilles. (Le virus IAPV n'est funeste qu'associé à Varroa destructor, un acarien rouge qui s'accroche sur l'abeille ->). "Or, les abeilles australiennes sont infectées par l'IAPV qu'elles se transmettent par frottement ou par trophallaxie (échange de nourriture), explique Yves Le Conte. L'IAPV restant inoffensif en Australie, il était impossible de prévoir le fléau qui allait s'abattre sur les abeilles américaines." Car, seul, le virus n'est pas agressif. Il n'acquiert sa virulence qu'avec l'aide d'un complice : le fameux varroa. Dont l'absence en Australie explique justement que l'IAPV reste, là-bas, inoffensif. "On sait depuis longtemps que lorsque le varroa s'accroche sur l'abeille, cela provoque la multiplication des virus présents dans l'insecte, notamment des virus cousins de l'IAPV. Et c'est l'augmentation du nombre de microbes qui les rend pathogènes", rappelle Yves Le Conte.
LE REMÈDE ? ÉLIMINER LE VARROA : D'autant plus que les abeilles sont affaiblies par des conditions climatiques difficiles, des agents toxiques ou par une mauvaise nutrition. Pour confirmer les présomptions de culpabilité de l'IAPV dans la disparition des ouvrières, les chercheurs américains annoncent que la prochaine étape de leur travail consistera à inoculer le virus à des butineuses saines. Si cette infection est sans effet sur ces hyménoptères producteurs de miel, cela signifiera que le virus n'est pas la seule cause du syndrome d'effondrement des colonies. Ce qui expliquerait aussi pourquoi les symptômes divergent...
Reste maintenant une question : que faire pour contrer le virus ? Pour le moment, personne n'a trouvé de méthodes efficaces. En revanche, le varroa peut, lui, être éliminé. Jean-Paul Faucon, chef de l'unité Pathologie de l'abeille à l'Afssa, rappelle ainsi qu'il est nécessaire de traiter les ruches au moins une fois par an contre l'acarien, car l'infestation renforce la nocivité des produits toxiques et affaiblit les défenses immunitaires, laissant la voie libre aux virus présents dans les niches. Une précaution qui vaut pour les ruches de l'Hexagone, même si, chez nous, l'IAPV n'inquiète pas pour l'instant outre mesure.
LA FRANCE EST-ELLE MENACÉE ?
Au cours des vingt dernières années, la France a déjà connu des épisodes d'effondrement brutaux de population d'abeilles, quoique de bien moindre ampleur que celle actuellement constatée outre-Atlantique. Pour l'instant, les spécialistes ne se prononcent pas sur la menace du virus IAPV. Et pour cause : notre million et plus de ruches hexagonales n'a jamais été testé pour l'IAPV. "Mais puisque nous avons aussi importé des abeilles australiennes, le virus est donc vraisemblablement là. Si nous le cherchions, nous le trouverions...", estime Jean-Paul Faucon, de l'Afssa. Reste que la découverte de ce virus ne dédouane pas complètement les pesticides. Les abeilles françaises ont beaucoup souffert de "utilisation du Gaucho (interdit depuis 1999 sur le tournesol et 2004 sur le maïs), et du Régent (interdit depuis 2004 sur toutes les cultures). Aujourd'hui moins confrontées à ces deux pesticides, elles ne sont pas pour autant en pleine forme. Sans compter que le varroa continue ses ravages. Mais pour le moment, aucun programme de recherche sur le virus IAPV et son lien avec le varroa n'a été lancé en France. |
M.C. - SCIENCE & VIE > Décembre > 2007 |
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