Le Seul Incecte connu en Antarctique

Un Moucheron à l'assaut de l'Antarctique livre ses Secrets

V.N. - SCIENCE & VIE N°1218 > Mars > 2019

Le Seul Incecte connu en Antarctique livre ses Secrets

Après le décryptage du génome de "Belgica antarctica", on comprend mieux comment ce moucheron s'est adapté à des conditions de vie extrêmes.

Jusqu'ici, c'est le seul insecte répertorié en Antarctique et l'on vient de décrypter son génome. Belgica antarctica emprunte son nom de genre à l'expédition antarctique belge de la fin du XIXè siècle au cours de laquelle ce diptère a été découvert. "L'hypothèse est que l'ancêtre de cet insecte est resté bloqué sur ce continent lorsque la chaîne montagneuse reliant la péninsule à l'Amérique du Sud s'est effondrée, il y a 33 millions d'années", relate Anna-Sophie Fiston-Lavier, l'un des auteurs du séquençage du génome, chercheuse à l'Institut des sciences de lévolution de l'université de Montpellier (Isem).
L'insecte n'a pas la vie facile et cela intrigue forcément. Débarrassé d'ailes, inutiles sur ces terres balayées par les vents, Belgica affironte des milieux mélangeant l'eau douce provenant de la fonte de la neige et la forte salinité des embruns marins, l'exposition à un intense rayonnement ultra-violet et des températures extrêmement basses. Les larves ont besoin de deux ans pour se développer complètement "et elles ont cette capacité incroyable de perdre près de la moitié de leur poids en eau pour éviter de geler", poursuit Anna-Sophie Fiston-Lavier. Les adultes ne vivent qu'entre sept à dix jours, soit peu de temps pour se rencontrer, copuler et produire des œufs. Des expéditions sont aujourd'hui à la recherche d'autres espèces d'insectes, avec la certitude de voir s'agrandir cette singulière famille.

"Plus il fait froid, plus petit est le génome"
"Le génome de Belgica antarctica est extrêmement compact. Avec 99 millions de bases, c'est le plus petit génome d'insecte jamais découvert. Nous pensons que cette petite taille pourrait avoir un lien avec l'adaptation aux conditions extrêmes. Elle pourrait permettre à la machinerie moléculaire d'avoir accès à l'information plus rapidement et ainsi à l'animal de répondre plus rapidement à un stress. Il semble ainsi exister une corrélation entre la taille d'un génome et le climat. Avec ce moucheron, on constate que plus les températures sont basses, plus le génome est petit. La description de ces mécanismes devrait permettre à terme de mieux connaître la façon dont les espèces s'adaptent à leur milieu, y compris la nôtre qui va affronter des changements climatiques".

La vie foisonne sous la glace...
À 800 mètres sous la calotte glaciaire, 400 lacs d'eau douce s'étendent sur le plancher de l'Antarctique. Une équipe américaine vient de révéler que dans l'eau comme dans les sédiments situés en dessous. Elle a collecté dans le lac Whillans des échantillons d'eau et de sédiments qui ont révélé plusieurs dizaines d'espèces de bactéries et archées (organismes sans noyaux) qui se nourrissent des éléments minéraux puisés dans la roche...
Et dans la mer...
Le comité scientifique pour la recherche en Antarcticue vient d'achever son état des lieux : les eaux océaniques bordant le continent austral abritent quelque 9000 espèces. Elles ont toutes été décrites dans un atlas inédit. http://atlas.biodiversity.aq/

L.C. - SCIENCES ET AVENIR N°812 > Octobre > 2014
 

   
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