Le Marathon couru en moins de 2 Heures |

A.P. - SCIENCE & VIE N°1227 > Décembre > 2019 |
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Une Bactérie Dope l'Effort des Marathoniens |

O.D. - SCIENCE & VIE N°1224 > Septembre > 2019 |
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Une Médaille aux JO n'a pas de Prix |

A.D.-R. - RÉPONSE À TOUT N°314 > Août > 2016 |
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Pourquoi les Coureurs d'Origine Africaine sont-ils Meilleurs que les Autres ? |

Il est vrai qu'en course de fond comme en sprint, les coureurs d'origine africaine raflent, à de rares exceptions, toutes les médailles. Qu'ils soient américains, anglais ou jamaïquains, depuis que le record du monde de vitesse a dépassé la barre des 10 m/s, tous ses détenteurs, à l'image d'Usain Boit, sont d'origine africaine.
Depuis que la barre mythique des 100 m en moins de 10 s a été franchie en 1968 par l'Afro-Américain Jim Hines, 71 coureurs sont passés en dessous, tous ayant des origines ouest-africaines... sauf deux. Nigérians mais surtout Américains, Canadiens et Jamaïquains descendants d'esclaves venus d'Afrique de l'Ouest dominent donc le sprint depuis plusieurs décennies. En course de fond, c'est l'Afrique de l'Est qui fait le plein de médailles : les 15 meilleures performances de tous les temps en marathon ont été réalisées par dix Kenyans et deux Ethiopiens. Cette supériorité tient-elle aux gènes, à la morphologie, à l'entraînement, à l'origine sociale ou culturelle ? Autant d'hypothèses avancées par les spécialistes.
UNE QUESTION DE HAUTEUR DU NOMBRIL ? Des dizaines de chercheurs ont tenté d'expliquer la domination des athlètes africains par des différences anatomiques et physiologiques. Jambes plus longues, pourcentage plus élevé chez les Afro-Américains de fibres musculaires de type II particulièrement sollicitées lors des efforts rapides et intenses, taux d'acide lactique ou d'ammonium - deux déchets qui s'accumulent dans les muscles et le sang pendant l'effort - moins élevé chez les coureurs de fond kenyans... Tout ou presque a été mesuré, mais trouver des différences est une chose, prouver qu'elles confèrent un avantage en est une autre. Cependant, deux chercheurs américains, Adrian Bejan, professeur de mécanique à la Duke University, et Edward Jones, biologiste à la Howard University, ont montré qu'une des clés de la domination des Africains au sprint réside dans... la hauteur de leur nombril. Et que celle-ci permet aussi de comprendre pourquoi, en natation, ce sont les nageurs d'origine européenne qui dominent (voir encadré).
 MAIS LES NAGEURS EUROPÉENS VONT PLUS VITE
Selon Adrian Bejan, "à taille égale, les athlètes qui ont un centre de gravité plus bas sont des nageurs plus rapides".
Dans la nage, le corps étant presque placé à l'horizontale, c'est le buste qui s'élève au-dessus de la surface. Celui dont le torse est grand, et donc le nombril bas, tombant de plus haut, sera le plus rapide. Une différence de 3 cm en faveur des Européens qui leur permet de passer de 50 secondes à 49,25 sur un 100 m, expliquant en partie la supériorité dans les piscines. |
"Tous les modes de locomotion se résument à une répétition de cycles d'élévation et de chute en avant. Depuis Galilée, on sait que plus on chute de haut, plus on va vite", explique Adrian Bejan. Par conséquent, et il l'a physiquement démontré dans une étude publiée en 2009, plus un sportif est grand, plus il ira vite : "Mais, à taille égale, les athlètes qui ont un centre de gravité plus haut courent plus vite, car ils 'tombent' de plus haut". Or, en analysant les mesures anthropométriques de soldats de 14 pays effectuées entre 1921 et 1971, Bejan et Jones se sont rendus compte qu'à taille égale, les soldats afro-américains avaient un torse en moyenne 3 cm plus court que leurs compatriotes blancs. Trois centimètres qui, selon les calculs d'Adrian Bejan, offraient un gain de vitesse de 1,5 %, soit l'équivalent d'un bond de 10 s à 9,85 s pour un 100 m en sprint. Suffisant pour rafler les médailles !
Un autre élément morphologique a été mis en évidence par l'équipe du physiologiste danois Bengt Satlin : le poids des mollets. "Les coureurs kenyans n'ont ni une consommation maximale d'oxygène à l'effort plus élevée, ni une composition musculaire différente des coureurs scandinaves de même niveau, explique Dirk Lund Christensen, l'un des membres de l'équipe. Mais leurs mollets pèsent en moyenne 400 g de moins. Or, des études ont montré qu'en ajoutant un poids de 100 g à chaque cheville, les coureurs ont besoin de 1 % d'oxygène en plus. "Grâce à leurs mollets plus légers, les coureurs kenyans économisent donc une quantité d'énergie non négligeable.
Hauteur du nombril, poids des mollets : est-ce contrôlé par des gènes particuliers ? Impossible de l'affirmer. Mais le généticien français Axel Khan n'en doute pas : "On trouvera bientôt des marqueurs génétiques prédisposant des groupes d'individus à telle ou telle performance physique. Et ce ne serait pas étonnant qu'on constate un jour des différences génétiques entre les excellents fondeurs et les meilleurs sprinters". Oui, mais lesquelles ? La machine génétique humaine est si complexe que le chemin semble encore long.
UN GÈNE DU SPRINT ? "Il existe au moins 200 gènes associés aux performances athlétiques, précise Monkol Lek de l'Institut de recherche neuromusculaire de Sydney. Ils sont impliqués de façon plus ou moins grande et complexe dans la distribution des fibres musculaires, la régulation des flux sanguins, le métabolisme énergétique du glucose et de l'insuline ou la réponse à l'exercice". Et notamment l'un d'eux, le ACTN3. Depuis 2003, ce gène est soupçonné d'être la clé de la différence entre sprinteurs et coureurs d'endurance. ACTN3 existe en deux versions, l'une nommée R, l'autre X. Les personnes porteuses de la version R synthétisent de l'alpha-actinine3, une protéine présente dans les seules fibres musculaires de type II, quand les autres n'en produisent pas. Ce qui semble leur accorder un avantage dans l'endurance. Ainsi Kathryn North, directrice de l'Institut de Sydney, et Rachel living, biologiste à la faculté de Mona (Jamaïque), ont montré en 2009 que 75 à 80 % des sprinters jamaïquains possèdent la version compétitive des gènes ACTN3 et ACE, un gène impliqué, lui, dans la régulation du volume sanguin et des flux d'oxygène. "Nos résultats montrent que les Jamaïquains auraient une prédisposition génétique pour le sprint", conclut Rachel Irving... qui reconnaît que l'un de leurs champions n'en est pas porteur !
Face à l'argument génétique, des chercheurs rappellent qu'il ne faut pas minimiser l'influence de l'entraînement et de l'environriement. "Deux groupes de coureurs est-africains soumis à des entraînements différents développent une composition musculaire différente", explique Véronique Billat, de l'Inserm. Or, l'entraînement kenyan pourrait être parfaitement adapté aux courses de fond modernes. "En courant depuis leur enfance sur des terrains accidentés et en variant les allures, les Kenyans ont développé des fibres musculaires intermédiaires, entre lentes et rapides, idéales pour les marathons qui, aujourd'hui, se gagnent souvent au sprint final", ajoute-t-elle. Une culture de la course que la Jamaïque ou le Kenya ont élevée au rang d'institution, multipliant les organisations destinées à détecter de jeunes talents. "La professionnalisation de l'athlétisme au milieu des années 1980 a pu encourager des populations défavorisées à choisir l'athlétisme", avance Véronique Billat. La prédominance des Africains d'origine dans le sport serait-elle donc surtout d'origine sociale ? C'est ce que suggère Ben Carrington, de l'université du Texas, spécialiste de la question du racisme dans le sport : "Si les Noirs américains n'ont pas les mêmes chances de réussite ailleurs que dans certains sports, c'est sans doute parce que l'on oppose encore leur force physique à l'intelligence des Blancs". Un vieux stéréotype raciste hérité du XIXe siècle qui serait, selon Carrington, prolongé par les travaux scientifiques que nous avons cités. Et de conclure : "L'athlète noir n'existe pas, c'est une idée sociale".
UN ÊTRE HUMAIN À LA FOIS BIOLOGIQUE ET SOCIAL : Reste qu'aucun scientifique, et surtout pas Adrian Bejan et Edward Jones, ne minimise l'importance des paramètres sociaux. Ce qui n'interdit pas de mettre en lumière des paramètres physiques qui expliquent, en partie et en toute objectivité, leur prédominance. Car l'être humain est à la fois biologique et social, comme le souligne Wiktor Stoczkowski, spécialiste de l'anthropologie des savoirs à l'EHESS. "Il n'est pas scandaleux a priori de postuler que cette dualité sociobiologique explique les performances des coureurs noirs. Mais ce raisonnement de bon sens déplaît, car derrière l'idée de différences biologiques se cache le spectre du racisme de naguère", explique-t-il. Et de rappeler qu'après la Seconde Guerre mondiale, l'une des priorités fut de délégitimer les idéologies nazies, notamment au travers de la "Déclaration d'experts sur les questions de race" de l'Unesco. L'espoir était vif, alors, que la science parvienne à invalider la notion de race elle-même. Mais ces dernières années, la génétique a montré, au contraire, qu'il est possible de distinguer, au moins statistiquement, entre individus originaires d'Europe, d'Afrique et d'Extrême-Orient, ce que l'on qualifiait jadis de "races". "Cette idée serait choquante si l'on considérait que le principe d'égalité peut être fondé ou renié sur la base de similitudes ou de différences génétiques", poursuit l'anthropologue. Que la science démontre. que les races existent importe finalement peu, ce qui compte, c'est notre volonté de maintenir l'égalité de droit entre elles. Comme le rappelle Wiktor Stoczkowski, "ne confondons pas code génétique et code éthique".
C.H. - SCIENCE & VIE > Juillet > 2011 |
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En 2027, on ne Battra plus de Records |
Les Records Cesseront-ils de Tomber un jour ? |
La plupart des records sportifs ne seront bientôt plus améliorables, affirment deux chercheurs français. Car le corps a ses limites...
La devise des jeux Olympiques, "Plus loin, plus haut, plus fort", devra-t-elle bientôt être modifiée au profit d'un "Aussi loin, aussi haut, aussi fort "? C'est ce que suggère une étude menée par Geoffroy Berthelot et Jean-François Toussaint, de l'lnstitut de recherches médicales et d'épidémiologie du sport, à Paris. Après avoir analysé 3263 records du monde établis entre 1896 et 2007 dans 147 épreuves de cinq disciplines (athlétisme, natation, cyclisme, patinage de vitesse et haltérophilie), les chercheurs ont conclu qu'en 2027, les limites physiologiques du corps humain seront atteintes ; et qu'alors la moitié des records du monde ne seront plus améliorables de façon significative.
En effet, l'analyse épidémiologique de l'évolution annuelle des records montre une stagnation, voire une régression : certains records tiennent des décennies avant d'être battus, et finalement, tous tendent vers une valeur limite qui, d'ici à 20 ans, sera atteinte à 99,95 %. À titre d'exemple, les chercheurs ont établi la valeur limite du 100 mètres plat masculin à 9,67 secondes, alors qu'il est aujourd'hui à 9,74 secondes. Des limites qui, dans certaines épreuves, sont peut-être même déjà atteintes, dans la mesure où les records sont détenus par des sportifs soupçonnés de dopage. Ainsi, admet le chercheur Jean-François Toussaint, "le record du 100 mètres féminin détenu par Florence Griffith-Joyner depuis 20 ans se situe 3 % en dessous des résultats des meilleurs performeuses. Il ne sera jamais battu, sauf peut-être en cas d'innovation technologique majeure, ou si les sportifs ont recours aux anabolisants ou encore si l'on opère une sélection génétique des sportifs dès le berceau.
 Usain Bolt a remporté le 100 mètres Olympique 2008
Le 16 août 2008, à Pékin au J.O. en Chine, le géant Usain Bolt jamaïcain en se relâchant à 20 mètres de la ligne a battu le record du monde du 100 m en 9"69 avec une facilité époustouflante.
Il détient aussi, le record du monde du 200 m en 19"30, réalisé lors de ces même J.O. le 20/08/2008. |
Usain Bolt améliore ses records du monde du 100 et 200 mètres en 2009
Le 16 Août 2009, le Jamaïquain Usain Bolt a remporté le 100 m des championnats du monde, en établissant un nouveau record du monde avec un temps de 9 s 58, dimanche à Berlin. "L'éclair" a pris le meilleur sur la meute de prétendants au bout d'un 100 m le plus rapide de l'histoire. L'Américain Tyson Gay prend la deuxième place en 9 s 71, alors que l'autre Jamaïquain Asafa Powell complète le podium, en 9 s 84.
Star incontestée des Mondiaux d'athlétisme, le Jamaïcan Usain Bolt était très attendu, jeudi 20 août, en finale du 200m. Bolt, qui fêtera ses 23 ans vendredi, n'a pas déçu. En survolant la course, il termine en 19 s 19, battant son propre record du monde (19 s 30) établi précisément un an plus tôt aux Jeux olylmpiques de Pékin. Comme sur 100m, il abaisse son propre record de 11 centièmes. Le Panaméen Alsonso Edward termine 2e (19 s 81) devant l'Américain Wallace Spearmon (19 s 85). |
C.H. - SCIENCE & VIE > Avril > 2008 |
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Des Sportifs se Dopent... au Froid |
Avant de se lancer dans une épreuve sportive d'endurance, mieux vaut se refroidir plutôt que s'échauffer !
En effet, le refroidissement préalable du corps repousse le moment où la température corporelle atteint une température critique qui diminue les performances. De plus, le froid améliorerait nettement l'oxygénation du sang.
Si l'idée n'est pas neuve, l'efficacité de la méthode restait à démontrer. C'est chose faite grâce aux expériences menées pendant six ans à l'institut du sport de Dortmund (Allemagne) sur 200 athlètes.
Le protocole mis au point : un passage de 3 minutes dans une chambre froide à -110°C, 20 min dans un air à -40°C ou le port, pendant 10 à 30 min, d'une veste frigorifique à 1 ou 5°C.
Résultat : des performances presque aussi bonnes à l'entraînement que lors des compétitions.
F.H. - SCIENCE & VIE > Octobre > 2007 |
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