Origines de l'Homme (Primates)

Le Buisson des Origines

SCIENCES ET AVENIR N°940 > Juin > 2025

Qu'est-ce qui Trahit nos Origines...

M.D. - ÇA M'INTÉRESSE Questions N°26 > Mai-Juillet > 2019

L'Homme ne Descend Pas du Singe

L'une des interprétations erronées la plus répandues sur la théorie de l'évolution est que l'Homme descend du chimpanzés.

Nous avons certes beaucoup en commun avec eux puisque nous partageons 98,80 % de nos gènes mais ce sont nos cousins, pas nos ancêtres.

Si vous faites l'arbre généalogique des chimpanzés et des humains, vous allez trouver un ancêtre commun il y a environ 6 millions d'années.

À partir de cet aïeul d'une race aujourd'hui disparue - ni homme ni chimpanzé - ont évolué 2 branches distinctes engendrant l6 espèces que nous connaissons aujourd'hui.

COMMENT ÇA MARCHE N°62 > Août > 2015

Le Mystère des 5 Crânes

Exhumés en Géorgie, cinq crânes vieux de 1,8 million d'années défient les paléoanthropologues : ils associent les traits de différents Homo n'ayant pourtant, a priori, rien de commun. De quoi relancer la question de nos origines.

Le dernier crâne découvert, en 2005 (->), sur le site de Dmanisi, celui d'un grand mâle parfaitement bien conservé, s'est révélé le plus parlant des cinq.

JARGON : Il existe 23 définitions de la notion d'espèce. La définition classique se référe à la capacité de reproduction. Mais l'hybridation entre espèces différentes est parfois possible. Les paléontologues se sont longtemps attachés à l'époque, au lieu et à la morphologie pour distinquer deux espèces. Grâce à l'ADN, ils commencent à étudier les capacités d'accouplement entre Sapiens, Neandertal, etc.

Il y a 1,8 million d'années, une poignée de carnivores rendaient un inestimable service à la science en faisant de 5 hominidés leur repas du jour. A priori, un vieil édenté et deux adolescents n'ont pas dû leur opposer une grande résistance ; leurs deux compagnons adultes, dont un grand mâle (frôlant le 1,66 m et la cinquantaine de kilos), ont peut-être été plus coriaces... Reste que la fin a été la même pour tous : le repos éternel dans une tanière souterraine. Jusqu'à ce que, un à un, leurs crânes soient découverts à partir de 1991. Déjà connu pour ses outils de pierre vieux de 1,85 million d'années, le site de Dmanisi, en Géorgie, a dès lors changé de statut... C'est que ces 5 crânes incroyablement bien préservés offrent un panel représentatif des toutes premières espèces humaines, d'Homo habilis à Homo erectus, plus d'un million et demi d'années avant la naissance de notre espèce, Homo sapiens (voir l'arbre). Autant d'hominidés jusqu'ici distingués, entre autres, par des origines géographiques et des époques différentes... Sauf qu'à Dmanisi, il y a unité de temps et de lieu ! Et l'équipe en charge des fouilles de tenter cette hypothèse en forme de coup de théâtre : et si toutes ces espèces d'Homo des origines n'en formaient qu'une seule, et que la diversité humaine existait dès le début ?

UN CRÂNE, TROIS ESPÈCES

Avant de publier ses conclusions, l'équipe internationale dirigée par David Lordkipanidze a passé 8 ans à analyser le cinquième et dernier crâne (exhumé en 2005) et sa mandibule (déterrée en 2000). Un intérêt mérité : ensemble, ils constituent la seule tête entière d'hominidé adulte de cette lointaine époque, qui plus est en parfait état (ci-contre, le quatrième crâne). La dentition, robuste et complète, dévoile un individu prognathe. Sa face est large, avec des orbites surmontées d'une épaisse barre osseuse et intégrées dans un crâne bas. La structure globale est massive, suggérant qu'on a affaire à un mâle. En revanche, l'intérieur du crâne est moins volumineux que chez ses petits camarades... Un mélange inédit ! "Ce crâne associe des caractères propres à 3 espèces, détaille Dominique Grimaud-Hervé, paléoanthropologue au Muséum d'histoire naturelle de Paris. Selon l'équipe qui l'a découvert, ses dents sont grandes comme chez H. rudolfensis, sa face allongée comme celle d'H. ergaster, et sa boîte crânienne petite comme chez H. habilis. C'est la première fois que l'on retrouve ces différents traits sur un même individu". Un individu mosaïque hors normes, donc, "qui montre que les premiers Homo peuvent avoir été dotés d'un petit cerveau, mais d'une stature et de proportions les rapprochant des hommes modernes", note David Lordkipanidze.
Ce n'est pas la première fois que les fossiles de Dmanisi brouillent les pistes. Déjà, le premier fragment de crâne avait rendu les spécialistes perplexes. Pour l'identifier, ils avaient inventer une nouvelle espèce, H. georgicus - possible contemporain de l'Africain H. ergaster, mais surtout premier Européen connu. Les trouvailles qui ont suivi ont entretenu la confusion : les deux crânes d'adolescents semblaient se rapprocher d'H. ergaster... mais leurs mandibules, de l'Asiatique H. erectus. Quant au édenté, son classement chez H. erectus n'est guère significatif.

TOUS DES HOMO ERECTUS

En résumé, étaient réunies au même endroit quasiment toutes les espèces ayant marqué l'enfance de notre genre Homo... Des individus de chacun de ces groupes étaient-ils venus taper le carton à Dmanisi ? L'équipe qui les a sortis de terre ne croit pas à leur appartenance à diverses lignées. "Ils représentent des variations de caractères normales à l'intérieur d'un même groupe", conclut-elle. Ainsi, toutes ces espèces n'en formeraient qu'une, et les différences entre les crânes tiendraient simplement à la diversité qui existait déjà naturellement dans cette espèce !
Pour évaluer si un tel foisonnement est réaliste, les chercheurs ont étudié la diversité existant parmi les chimpanzés et bonobos actuels, ainsi que chez les hommes modernes. Résultat : le niveau de variations observé est comparable partout... D'où l'idée que resume Christopher Zollikofer, membre de l'équipe : "Tout ce qui vivait à l'époque de Dmanisi appartenait probablement à une seule espèce : Homo erectus". Dès lors, faut-il dire adieu aux H. ergaster et autres H. qui ont marqué l'histoire de l'homme ? Sans compter que, par ricochet, tous leurs successeurs, les hommes de Denisova, Neandertal, etc, devraient de facto appartenir à une même espèce - disons Homo sapiens - puisqu'ils sortiraient du même pot... Pas si vite, soulignent d'autres spécialistes. Tous reconnaissent l'importance des découvertes de Dmanisi, mais certains restent dubitatifs face à la spectaculaire proposition. "Si ce crâne avait été découvert fragmenté, et les fragments en question disséminés en Afrique, ils auraient certainement été attribués à 3 espèces différentes, rappelle Dominique Grimaud-Hervé. Il y a 2 hypothèses possibles : celle de l'équipe, une seule espèce rassemblant à l'origine tous les fossiles ; et celle d'une nouvelle espèce, distincte des autres mais possédant des traits de chacune d'elle. Attendons la suite, avec l'étude des structures osseuses internes".
Jean-Jacques Hublin, paléoanthropologue à l'institut Max-Planck de Leipzig (Allemagne), pointe quant à lui les limites de la morphométrie géométrique, utilisée pour comparer les crânes à partir de repères : "C'est un outil très puissant, mais selon les repères choisis, les conclusions peuvent diverger. L'équipe de Géorgie a étudié la relation de la boîte crânienne et de la face et, en effet, les résultats obtenus rapprochent H. erectus et H. habilis. Mais si elle avait analysé d'autres caractères, dentaires par exemple, les résultats seraient différents. Ce qui fragilise ses conclusions". Le chercheur souligne aussi que parmi les 5 crânes, l'un appartient à un individu édenté, ce qui a modifié l'ossature de sa face, et deux à des adolescents, pas encore pleinement formés. Ceci pris en compte, la série de Dmanisi se révèle moins variable qu'il n'y parait. Chacun attend donc avec intérêt de nouvelles trouvailles géorgiennes, et africaines, qui confirmeraient on non la "disparition" par regroupement d'une dizaine d'hominidés anciens... Un élagage spectaculaire de notre arbre phylogénétique, que les responsables eux-mêmes relativisent : "Cette hypothèse soulève un dilemme de classificafion plus que d'évolution". Homo n'est pas sorti de terre tout formé, et sa longue histoire ne changera pas, quels que soient les noms donnés aux fossiles racontant son évolution. Ce qui est ici questionné, c'est la diversité au sein de ses espèces et la difficulté à les distinguer. Un casse-tête qui résonne avec les tentatives actuelles de repenser notre diversité humaine, au-delà des pièges que l'histoire a tendus à cette notion.
En parlant d'histoire, Dmanisi en a encore au moins une belle dans sa manche. "Celle des premiers colonisateurs de la planète, indique Jean-Jacques Hublin. On considère qu'il s'agit d'H. erectus, mais les pmmiers à avoir mis le pied hors d'Afrique semblent avoir des caractéristiques les reliant plutôt à son prédécesseur, H. habilis. Et si c'était lui, ce colonisateur ? Carrefour géographique et morphologique unique, le site géorgien est au cour de notre histoire, quelle que soit l'hypothèse considérée...

L'ADN PEUT-IL AIDER À TRANCHER ?
L'étude de l'ADN ancien repousse peu à peu ses limites. La faculté de médecine de Harvard (États-Unis) et l'Institut Max-Planck de Leipzig (Allemagne) viennent ainsi d'arracher de nouvelles données aux génomes de nos cousins disparus. La première étude a montré que le génome de l'homme de Denisova, apparu il y a 400.000 ans, contient les traces d'un ADN inconnu encore plus ancien - peut-être celui d'Homo erectus, dont nous avons seulement des ossements ? La seconde a reconstitué le plus vieil ADN mitochondrial (l'ADN présent dans les "usines énergétiques" des cellules), à partir d'un fémur de plus de 300.000 ans découvert en Espagne... et révèle ses liens avec le Denisova de Sibérie ! En dévoilant des relations inattendues entre ces hominidés, l'ADN complète ce que disent les os, mais sans pouvoir encore remonter aussi loin dans le temps...

EMILIE RAUSCHER - SCIENCE & VIE N°1157 > Février > 2014

Le plus Ancien Primate Connu

P.K. - SCIENCES ET AVENIR N°797 > Juillet > 2013

La Parenté Homme/Singe se Précise encore
PALÉONTOLOGIE

L'évolution du cerveau chez l'homme et les grands singes vient de connaître une importante mise à jour. Alors que l'on croyait que certaines des principales asymétries du cerveau étaient propres à la lignée humaine, l'équipe d'Antoine Balzeau, (CNRS/Muséum national d'histoire naturelle), a montré qu'il n'en était rien !

Elles sont en réalité de même type chez les hommes et les grands singes, et devaient donc déjà exister chez notre dernier ancêtre commun, il y a plus de 7 millions d'années. Un résultat inespéré, obtenu grâce à des modéles 3D de l'endocrâne (l'empreinte laissée par le cerveau à l'intérieur du crâne) de 199 "cobayes" : australopithèques, Neandertal, Homo sapiens et grands singes (chimpanzés, gorilles, etc.). "Ces images nous ont permis de quantifier les asymétries qui étaient jusqu'ici simplement décrites, et dons sujettes à des biais, explique Antoine Balzeau. Ces asymétries sont reliées, chez l'homme, au langage et à des capacités manuelles. Les grands singes ont donc les mêmes bases anatomiques, mais qui se sont exprimées différemment. Il sera intéressant de chercher à comprendre comment". Cette approche inédite offre donc de nouvelles perspectives : elle permettra de mieux étudier les liens entre anatomie et fonctions, mais aussi de remonter aux capacités de notre dernier ancêtre commun et aux façons dont elles ont évolué chez ses descendants...

E.R. - SCIENCE & VIE > Mars > 2012

L'Homme ne Descend Pas du Singe
PALÉOGÉNÉTIQUE

Contrairement à ce que l'on entend souvent dire, l'idée que l'homme descend du singe n'a pas été formulée par Darwin, mais par ses ennemis, qui n'avaient rien compris à la théorie de l'évolution !

En effet, l'homme n'est pas le dernier bourgeon évolué d'une branche gelée dans ses caractères primitifs : l'arbre buissonnant des primates n'a jamais cessé d'évoluer, comme le démontrent de nombreux fossiles récents ; et ses représentants ne sont pas moins "modernes" que l'homme. Ils sont simplement plus ou moins différents, selon que leur ancêtre commun se trouve plus ou moins éloigné dans le temps. L'homme ne descend donc pas du singe : il est lui-même un singe ! Et plus précisément un singe haplorrhinien (à savoir pourvu d'un nez et non d'une "truffe" humide) hominidé, c'est-à-dire apparenté aux "grands singes" dépourvus de queue que sont chimpanzés, gorilles et orangs-outans, par ordre de proximité génétique. Et quelle proximité ! Selon une étude de l'université de Wayne (Detroit, États-Unis) publiée en 2003, le genre Homo partage 99,4 % de ses gènes fonctionnels avec le genre Pan (chimpanzés et bonobos). Ils se ressemblent en fait tellement que les auteurs de l'étude ont revendiqué pour nos cousins à fourrure l'appartenance au genre Homo ! En fait, cette similarité n'a rien d'étonnant puisque les deux sont issus d'un même "dernier ancêtre commun" (DAC), qui vivait il y a seulement 7 à 8 millions d'années. Reste à découvrir ce fameux DAC, dont les paléoanthropologues commencent à cerner les caractéristiques en les déduisant de fossiles plus récents comme Toumaï, Orrorin et Ardi.


P.G. - SCIENCE & VIE > Août > 2010
 

   
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