Le Monde de la Migraine et des Maux de Tête |
92 % des Astronautes se Plaignent de Maux de Tête |

C.G. - SCIENCES ET AVENIR N°927 > Mai > 2024 |
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La Migraine à Répétition n'Affecte Pas les Fonctions Cérébrales |
Rassurante nouvelle : les migraines à répétition ne conduisent pas à un déclin cognitif. Et ce, malgré les microlésions qu'elles engendrent dans le cerveau et qui sont visibles à l'IRM.
"Ce type de lésion est très fréquent chez les personnes âgées, explique Christophe Tzourio, directeur de l'unité de neuroépidémiologie de Paris à l'Inserm. Elles font partie du processus de vieillissement cérébral. Certaines études laissaient à penser que si elles deviennent nombreuses, elles peuvent accélérer ce vieillissement. Par conséquent, on redoutait que les personnes migraineuses ne souffrent d'un vieillissement prématuré. On sait désormais que n'est pas le cas". Pour arriver à ces conclusions rassurantes, les scientifiques ont analysé l'historique migraineux et les IRM de 780 patients, âgés de 69 ans en moyenne. "Ceux qui souffraient ou ont souffert de migraines présentaient effectivement plus de lésions cérébrales que les autres, mais après leur avoir fait passer des tests cognitifs, nous avons constaté qu'ils obtenaient les mêmes résultats que les patients non migraineux", conclut Christophe Tzourio.
C.H. - SCIENCE & VIE > Mars > 2011 |
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Migraine : La Lumière est Bien Source de Douleur |
Dès le IVè siècle avant J.-C., Hippocrate a décrit la douleur de la migraine, qui s'accompagne de nausées, de vomissements et de photophobie, ou crainte de la lumière. Les chercheurs ont appris depuis peu qu'il s'agit d'une maladie neurologique. Mais ils s'interrogeaient encore sur l'aggravation du mal par la lumière, alors que, pensaient-ils, les circuits neuronaux de la vision et de la douleur sont indépendants. Ce mystère vient d'être résolu.
Les migraineux le savent : quand une crise commence, ils ont intérêt à s'isoler au calme et spécialement dans une pièce sombre. Car le bruit et la lumière deviennent insupportables, aggravant le mal de tête déjà intense. Mais, aussi évidente soit-elle pour ceux qui en souffrent, l'association empirique entre maux de tête et lumière est longtemps restée une énigme pour la science.
C'est que les régions du cerveau qui gèrent la vision et celles qui perçoivent la douleur sont physiquement indépendantes ; elles sont donc a priori incapables d'interagir directement. Du coup, l'effet calmant de l'obscurité pourrait être une idée reçue. Pourtant, les yeux sont, d'une manière ou d'une autre, bel et bien liés aux migraines. D'abord, parce que cette "photophobie" frappe près de 90 % des migraineux. Ensuite, parce que, chez les personnes totalement aveugles, la lumière n'a aucune influence sur la migraine.
LE RÔLE DU NERF OPTIQUE
Et justement ! C'est en observant vingt patients non voyants souffrant de migraine que l'équipe du professeur Burstein, anesthésiste au centre Beth Israel Deaconess d'Harvard, à Boston, a percé le mystère du lien entre mal de tête et lumière. "Chez les personnes qui ont perdu la vision mais qui restent capables de percevoir les variations d'intensité lumineuse, la lumière aggrave la migraine, explique Rami Burstein. Il était donc clair que le mécanisme de photophobie "impliquait le nerf optique, qui est détruit chez les personnes complètement aveugles, mais fonctionne chez celles qui perçoivent encore la lumière." Or, le nerf optique reçoit normalement de la rétine les informations transmises par les cônes et les bâtonnets, ces cellules qui captent la lumière et permettent la vision. Chez les aveugles, ces cellules visuelles sont défectueuses. "Les seuls capteurs qui fonctionnent encore dans la rétine des patients percevant les variations d'intensité lumineuse sont les cellules ganglionnaires : on a donc supposé qu'elles étaient impliquées dans la photophobie", raconte Rami Burstein. Découvertes chez l'homme en 2000, les cellules ganglionnaires produisent un pigment sensible à la lumière, la mélanopsine, qui n'a aucun rôle visuel, mais régule l'horloge circadienne (le système qui, via de multiples cellules photoréceptrices, permet à l'organisme de différencier jour et nuit) et participe aux réflexes de la pupille.
UN CIRCUIT NERVEUX INÉDIT
Restait à montrer le lien entre ces cellules sensibles à la lumière et la douleur migraineuse. Pour y parvenir, les chercheurs ont injecté une substance fluorescente dans les cellules ganglionnaires rétiniennes de rats. Se propageant de neurone en neurone, ce "traceur" fluorescent devait suivre le même trajet que le message nerveux, permettant de le retracer avec précision. Résultat ? Le traceur a "allumé" un circuit neuronal jamais décrit auparavant, qui relie directement la rétine au thalamus, une zone du cerveau impliquée dans la perception de la douleur et qui, les chercheurs l'avaient déjà observé, s'active lors des migraines. La preuve qu'il existe bien un lien physique entre mal de tête et lumière, impliquant d'autres cellules que celles de la vision !
"La lumière stimule les cellules ganglionnaires, qui transmettent le message nerveux jusqu'à un groupe de neurones du thalamus, lesquels sont déjà activés en cas de migraine. Et quand ce signal atteint les neurones 'migraineux', leur activité augmente, d'où une perception accrue de la douleur", décrit Rodrigo Noseda, qui a conduit l'étude. En effet, en introduisant des électrodes dans les neurones du thalamus, les chercheurs ont pu vérifier que ceux-ci "s'emballaient" sous l'effet de la lumière. Leur activité électrique, qui est coudée à la force de la douleur perçue, est multipliée par deux en cas d'exposition à une lumière douce et par quatre si elle est intense ! Et cette "excitation" ne retombe pas instantanément quand on se plonge dans le noir. "Chez la plupart des migraineux photophobiques, la lumière augmente l'intensité du mal de tête en quelques secondes et cet effet perdure vingt minutes, parfois plus, après que la personne est entrée dans une pièce sombre", précise le neurobiologiste.

Ces travaux, salués par l'ensemble des chercheurs travaillant sur la migraine, ouvrent la voie à de nouveaux traitements contre la photophobie, qui survient également dans d'autres maladies du cerveau, comme la méningite. "Nous cherchons en ce moment à identifier les molécules chimiques impliquées dans le fonctionnement de ce circuit de neurones", indique Rodrigo Noseda. Mais la découverte de l'implication des cellules rétiniennes ganglionnaires dans l'aggravation des douleurs migraineuses offre déjà un moyen de soulager les malades. "On sait que ces cellules sont particulièrement sensibles à la lumière bleue. On peut donc conseiller aux personnes photophobiques en crise de porter des lunettes teintées [en orange] qui bloquent la lumière bleue", explique Ana Recober, neurobiologiste spécialiste de la migraine à l'université de l'Iowa (Etats-Unis), qui souligne l'importance de la découverte. "Connaître le mécanisme de la photophobie permet d'apprendre plus sur la migraine en général, ajoute-t-elle. Il faut dire que ses mécanismes sont loin d'être élucidés [encadré]. On ne sait même pas pourquoi certains sont "sujets à des crises migraineuses et d'autres pas." Et pas non plus pourquoi ce circuit neuronal reliant la rétine au thalamus est source de douleur uniquement en cas de migraine... "La question est complexe, admet Rodrigo Noseda. Au cours d'une migraine, les neurones de la douleur sont excités et ils deviennent plus réceptifs aux messages nerveux. "Ce qui signifie que la lumière, habituellement indolore, devient un signal assez puissant pour suractiver les neurones déjà en crise. "Par analogie, quand on prend une douche chaude, c'est agréable. Mais si on a un coup de soleil, cela devient douloureux : la chaleur devient suffisante pour exciter les neurones et induire une douleur", explique le chercheur. Une chose est sûre : si les 7 à 10 millions de Français qui souffrent de migraine savaient déjà qu'il faut rester dans le noir, la science vient de leur expliquer pourquoi. Et leur conseille d'éviter la lumière bleue...
DES MÉCANISMES ENCORE OBSCURS
La dilatation des vaisseaux ne serait pas seule en cause. Bien qu'elle touche 15 à 20"% de la population, la migraine reste mal comprise. Les chercheurs ont longtemps attribué la douleur à une dilatation des vaisseaux du crâne. Mais, dans les années 1990, l'imagerie médicale a mis à mal cette théorie. Son origine serait d'abord neurologique. Les terminaisons nerveuses situées au niveau des enveloppes du cerveau, les méninges, relâcheraient des substances inflammatoires au début de la crise. L'inflammation des méninges mènerait à une excitation des nerfs responsables de la douleur dans la tête, ainsi qu'à une dilatation des vaisseaux. La cause du dérèglement initial reste mystérieuse, mais l'origine génétique est de plus en plus étayée. En 2008, un gène associé a été identifié par des chercheurs de l'université d'Helsinki. |
M.C. - SCIENCE & VIE > Mai > 2010 |
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Avec ou sans Aura, la Migraine Augmente le Risque d'Attaque Cardiaque |
Les migraineux sont aussi plus sujets au diabète.
Jusqu'à présent, l'augmentation du risque d'attaque cardiaque n'était associée qu'aux migraines avec aura (éclats lumineux). Or, selon Richard Lipton et ses collègues de l'université de New York, les migraineux chroniques sans aura voient également ce risque augmenté par rapport aux personnes n'ayant pas de migraine chronique. Un résultat obtenu en interrogeant quelque 11.000 personnes, dont plus de la moitié souffrait de migraine chronique, avec ou sans aura. 4,1 % des personnes migraineuses ont eu une crise cardiaque contre 1,9 % des personnes saines. Et le risque est triplé dans le cas de la migraine avec aura. Les patients migraineux ont aussi plus de risque de développer une forte pression artérielle, du diabète et un fort taux de cholestérol. Environ 10 millions de Français souffrent de migraine.
V.B. - SCIENCE & VIE > Avril > 2010 |
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