Monde Eucaryotes Invertébrés : Animalia (Métazoa 1.200.000 espèces), Bilateria, Nephrozoa, Gnathifera

Le Monde des Rotifères (Rotifera : 3 classes, 33 familles, 112 genres, 2200 espèces), Eurotatoria, Bdelloida (4 familles, 450 espèces)

Les Rotifères, Fabriques à Nanoplastiques

H.J. - SCIENCES ET AVENIR N°923 > Janvier > 2024

Cet Invertébré a Survécu 24.000 Ans dans la Glace

O.D. - SCIENCE & VIE N°1248 > Septembre > 2021

Des Organismes Vieux de 24.000 Ans ont été Réveillés

H.J. - SCIENCES ET AVENIR N°893-894 > Juillet-Août > 2021

Sexe : Voici le Premier Animal qui Sait s'en Passer

Une population entière d'invertébrés et... pas un mâle ? C'est possible. Un rotifère se reproduit depuis des millions d'années de façon asexuée. Sans s'en porter plus mal. La fin d'un dogme tenace.

Après plus de 50 ans de travaux, les chercheurs ont dû se rendre à l'évidence : Adineta vaga, petit invertébré des zones humides appartenant au groupe des rotifères bdelloïdes, est bien totalement asexué

REPÈRES : De façon exceptionnelle, certains animaux "complexes" peuvent avoir recours à la parthénogenèse, où une femelle se reproduit seule. Cela arrive chez les lézards ou les insectes (guèpes,etc.), et quelques cas sont connus chez les varans et les requins. Mais rien d'aussi systématique qu'avec notre rotifère...

C'est la fin d'un mystère de l'évolution. Et d'un dogme scientifique : dans le règne animal, la reproduction sexuée (accouplement d'un mâle et d'une femelle) était jusqu'ici considérée comme le seul moyen d'assurer la survie et l'évolution d'une espèce sur le long terme, grâce au brassage génétique qui en résulte. La reproduction asexuée ne pouvait être qu'un pis-aller temporaire, cantonnée au monde végétal et à des organismes simples comme les bactéries...

UN CHAOS DE CHROMOSOMES

Cinq années de recherches à l'université de Namur (Belgique) et au CEA-Génoscope, à Evry, sur un petit invertébré du nom d'Adineta vaga (photo), viennent de balayer cette idée reçue : depuis 50 ans qu'ils étudiaient ce rotifère bdelloïde, les scientifiques ne lui connaissaient que des femelles et un mode de reproduction asexué, mais rien n'avait permis d'affirmer qu'il n'y avait ni mâles ni sexe... Jusqu'à la découverte de l'équipe de Jean-Frangois Flot, qui vient définitivement prouver qu'Adineta n'utilise plus et ne peut plus avoir recours du tout à la reproduction sexuée.
Cette découverte a été rendue possible grâce au séquençage du génome de l'animal. Pour ce faire, Jean-Frangois Flot, principal coauteur de l'étude, a dû mettre au point une nouvelle méthode : "La clef du problème était l'assemblage du génome. En effet, plusieurs autres équipes dans le monde s'étaient déjà lancées dans le séquençage de rotifères, sans parvenir à un assemblage satisfaisant". Et c'est cet assemblage qui a permis de résoudre l'énigme. Car une fois reconstitué, le génome a révélé que, contrairement à ce qui s'observe chez les espèces sexuées, les chromosomes d'Adineta vaga n'étaient pas "homologues". En effet, les chromosomes fonctionnent normalement par paires provenant des deux génomes parentaux, et les gènes y sont rangés dans un ordre respecté de part et d'autre. Ce qui permet leur distribution en lots équivalents lors de la création des gamètes, spermatozoïdes et ovules ; ces gamètes fusionnent ensuite, lors de la copulation et de la fécondation, permettant la création d'un nouvel individu. Mais chez Adineta, côté disposition des gènes le long des chromosomes, c'est la chaos ! Ils sont distribués n'importe comment, au point qu'il lui est impossible de former des gamètes porteurs d'un patrimoine génétique équilibré. Or, sans gamète, pas de sexe reproductif envisageable. Ce qui prouve donc indubitablement qu'Adineta vaga est bien asexué, et ce depuis plusieurs dizaines de millions d'années ! Les rotifères bdelloïdes ne sont probablement pas les seules espèces animales ayant réussi à vivre sans sexe, et sans s'en porter plus mal. Maintenant que la voie est ouverte, d'autres exemples devraient venir confirmer que la reproduction asexuée n'est pas l'impasse évolutive que certains imaginaient.

DES RUSES POUR SE PASSER DU BRASSAGE GÉNÉTIQUE

La reproduction sexuée implique un brassage génétique bénéfique pour l'adaptation à l'environnement et limitant les mutations délétères. Comment Adineta s'y prend-il sans sexe ? Il existe 2 subterfuges. Le premier, la conversion génique, est une sorte de "copier-coller" entre les différentes versions d'un gène : une des versions est "copiée" puis "collée" à la place des autres gènes. Ce qui lui permet d'uniformiser le tout et de remplacer les mutations indésirables par les séquences saines. Le second, le transfert horizontal, abondamment utilisé par les bactéries, consiste à absorber des fragments d'ADN (donc des gènes) d'autres espèces présents dans l'environnement ; fragments qui enrichiront son propre patrimoine génétique. Deux mécanismes qui pourraient aussi être à l'origine des incroyables capacités développées par ces rotifères, capables de survivre à de sévères déshydratations.

P.-Y.B. - SCIENCE & VIE > Septembre > 2013

Un Rotifère en haut du Podium

Comme tous les ans, le prix Olympus récompense les plus belles photos de science.

La première place a été remportée par Charles Krebs, un habitant d'Issaquah (État de Washington, États-Unis).

Sa photo, obtenue par microscope à contraste interférentiel, met en scène un minuscule animal, un rotifère, en train de se nourrir de gouttes d'eau remplies de nutriments.

Deux couronnes de cils entourent sa bouche.

H.R. - SCIENCES ET AVENIR N°779 > Janvier > 2012

Les Rotifères savent Reconstituer leur ADN

De minuscules animaux aquatiques, des rotifères du groupe des bdelloïdes, survivent à des taux de radiations ionisantes cinq fois supérieurs aux autres espèces !

Comment ? Matthew Meselson, de l'université Harvard, pense qu'ils ne protègent pas tant leur ADN que ses mécanismes de réparation : mis en morceaux, l'ADN peut ainsi être reconstitué. Ils protègent leurs mécanismes de réparation.

Les bdelloïdes résistent aussi à la dessiccation, sans doute avec le même mécanisme.

E.R. - SCIENCE & VIE > Juin > 2008

Les Rotifères

Les Rotifères constituent un embranchement du règne animal. Ce sont de petits organismes bilatériens protostomiens syndermés triploblastiques mesurant entre 50 µm et 3 mm qui ont souvent une forme de trompette, cylindrique ou sphérique. Ils possèdent deux couronnes de cils autour de leur bouche ainsi qu'un système organique spécialisé avec notamment un tube digestif.

DESCRIPTION

Ces pseudocolomates ont un corps en trois parties bien distinctes : la tête (appareil rotateur) le tronc et le pied terminé par deux orteils. La tête et la partie postérieure ne sont pas couvertes par la cuticule. Le terme Rotifère (du latin rota, "roue") leur vient des deux couronnes de cils entourant leur bouche, dans la région antérieure, qui tourbillonnent en sens contraire pour faire entrer l'eau et les particules de nourriture qui vont avec ; ces cils peuvent aussi servir à la locomotion chez certaines espèces. Au fond du pharynx musculeux se situe un appareil masticateur caractéristique, le mastax, constitué de sept pièces dures et mobiles servant à broyer la nourriture.
Postérieur, leur pied possède souvent une glande adhésive qui permet à certaines espèces de se fixer au substrat. L'anus est en position postérieure et le système excréteur est formé de deux protonéphridies à l'intérieur du pseudocolome. Le pseudocolome renferme les organes internes. Cette cavité corporelle est en partie tapissée de mésoderme. Le liquide du pseudocolome sert de squelette hydraulique, ce sont les mouvements de l'organisme qui assurent la répartition du liquide dans tout le corps afin de permettre la diffusion des nutriments et des déchets.
Le système nerveux est formé d'un ganglion cérébral dorsal antérieur et d'un nombre variable de nerfs. Le système sensoriel est composé d'organes photorécepteurs rudimentaires et de cils. Il n'y a pas d'appareil respiratoire ou circulatoire et le dioxygène diffuse à travers les tissus. La paroi du corps comporte une cuticule, la lorica. L'animal est souvent transparent mais sa couleur peut être verte, orange, rouge ou brun selon la nourriture ingérée.

REPRODUCTION

Les rotifères ont une multiplication asexuée, mais peuvent aussi se multiplier de manière sexuée, surtout dans de mauvaises conditions de vie. La survie de nombreuses espèces de Rotifères en dépit de l'absence de mâle est une caractéristique assez insolite dans le monde animal. Il semble qu'une classe de Rotifères, les Bdelloïdés, se reproduisent par parthénogénèse depuis plus de 35 millions d'années, sans qu'aucune trace de l'existence de mâle n'ait été découverte.

ÉCOLOGIE

Ils vivent principalement en eau douce mais quelques espèces occupent les eaux salée ainsi que les milieux humides. Ils se nourrissent essentiellement de microorganismes en suspension dans l'eau. Certains Rotifères sont des parasites de crustacés, de mollusques et d'annélides. Ils composent une grande partie du zooplancton d'eau douce et constituent une source de nourriture importante dans les écosystèmes d'eau douce. En milieu terrestre, ils interviennent dans la décomposition des sols.

L'embranchement des Rotifères contient 3 classes, 8 ordres, 33 familles, 112 genres pour 1816 espèces. Le plus ancien fossile connu, appartenant à Keratella sp, a été découvert à la base de l'Éocène moyen d'Australie et remonte à -45 Millions d'années.

WIKIPEDIA > Juin > 2009
 

   
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