Après plus de 50 ans de travaux, les chercheurs ont dû se rendre à l'évidence : Adineta vaga, petit invertébré des zones humides appartenant au groupe des rotifères bdelloïdes, est bien totalement asexué REPÈRES : De façon exceptionnelle, certains animaux "complexes" peuvent avoir recours à la parthénogenèse, où une femelle se reproduit seule. Cela arrive chez les lézards ou les insectes (guèpes,etc.), et quelques cas sont connus chez les varans et les requins. Mais rien d'aussi systématique qu'avec notre rotifère... C'est la fin d'un mystère de l'évolution. Et d'un dogme scientifique : dans le règne animal, la reproduction sexuée (accouplement d'un mâle et d'une femelle) était jusqu'ici considérée comme le seul moyen d'assurer la survie et l'évolution d'une espèce sur le long terme, grâce au brassage génétique qui en résulte. La reproduction asexuée ne pouvait être qu'un pis-aller temporaire, cantonnée au monde végétal et à des organismes simples comme les bactéries... UN CHAOS DE CHROMOSOMES Cinq années de recherches à l'université de Namur (Belgique) et au CEA-Génoscope, à Evry, sur un petit invertébré du nom d'Adineta vaga (photo), viennent de balayer cette idée reçue : depuis 50 ans qu'ils étudiaient ce rotifère bdelloïde, les scientifiques ne lui connaissaient que des femelles et un mode de reproduction asexué, mais rien n'avait permis d'affirmer qu'il n'y avait ni mâles ni sexe... Jusqu'à la découverte de l'équipe de Jean-Frangois Flot, qui vient définitivement prouver qu'Adineta n'utilise plus et ne peut plus avoir recours du tout à la reproduction sexuée. DES RUSES POUR SE PASSER DU BRASSAGE GÉNÉTIQUE La reproduction sexuée implique un brassage génétique bénéfique pour l'adaptation à l'environnement et limitant les mutations délétères. Comment Adineta s'y prend-il sans sexe ? Il existe 2 subterfuges. Le premier, la conversion génique, est une sorte de "copier-coller" entre les différentes versions d'un gène : une des versions est "copiée" puis "collée" à la place des autres gènes. Ce qui lui permet d'uniformiser le tout et de remplacer les mutations indésirables par les séquences saines. Le second, le transfert horizontal, abondamment utilisé par les bactéries, consiste à absorber des fragments d'ADN (donc des gènes) d'autres espèces présents dans l'environnement ; fragments qui enrichiront son propre patrimoine génétique. Deux mécanismes qui pourraient aussi être à l'origine des incroyables capacités développées par ces rotifères, capables de survivre à de sévères déshydratations.
La première place a été remportée par Charles Krebs, un habitant d'Issaquah (État de Washington, États-Unis). Sa photo, obtenue par microscope à contraste interférentiel, met en scène un minuscule animal, un rotifère, en train de se nourrir de gouttes d'eau remplies de nutriments. Deux couronnes de cils entourent sa bouche.
Comment ? Matthew Meselson, de l'université Harvard, pense qu'ils ne protègent pas tant leur ADN que ses mécanismes de réparation : mis en morceaux, l'ADN peut ainsi être reconstitué. Ils protègent leurs mécanismes de réparation.
Les Rotifères constituent un embranchement du règne animal. Ce sont de petits organismes bilatériens protostomiens syndermés triploblastiques mesurant entre 50 µm et 3 mm qui ont souvent une forme de trompette, cylindrique ou sphérique. Ils possèdent deux couronnes de cils autour de leur bouche ainsi qu'un système organique spécialisé avec notamment un tube digestif. DESCRIPTION Ces pseudocolomates ont un corps en trois parties bien distinctes : la tête (appareil rotateur) le tronc et le pied terminé par deux orteils. La tête et la partie postérieure ne sont pas couvertes par la cuticule. Le terme Rotifère (du latin rota, "roue") leur vient des deux couronnes de cils entourant leur bouche, dans la région antérieure, qui tourbillonnent en sens contraire pour faire entrer l'eau et les particules de nourriture qui vont avec ; ces cils peuvent aussi servir à la locomotion chez certaines espèces. Au fond du pharynx musculeux se situe un appareil masticateur caractéristique, le mastax, constitué de sept pièces dures et mobiles servant à broyer la nourriture. REPRODUCTION Les rotifères ont une multiplication asexuée, mais peuvent aussi se multiplier de manière sexuée, surtout dans de mauvaises conditions de vie. La survie de nombreuses espèces de Rotifères en dépit de l'absence de mâle est une caractéristique assez insolite dans le monde animal. Il semble qu'une classe de Rotifères, les Bdelloïdés, se reproduisent par parthénogénèse depuis plus de 35 millions d'années, sans ÉCOLOGIE Ils vivent principalement en eau douce mais quelques espèces occupent les eaux salée ainsi que les milieux humides. Ils se nourrissent essentiellement de microorganismes en suspension dans l'eau. Certains Rotifères sont des parasites de crustacés, de mollusques et d'annélides. Ils composent une grande partie du zooplancton d'eau douce et constituent une source de nourriture importante dans les écosystèmes d'eau douce. En milieu terrestre, ils interviennent dans la décomposition des sols. L'embranchement des Rotifères contient 3 classes, 8 ordres, 33 familles, 112 genres pour 1816 espèces. Le plus ancien fossile connu, appartenant à Keratella sp, a été découvert à la base de l'Éocène moyen d'Australie et remonte à -45 Millions d'années.
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