Monde ANIMAL - Eucaryotes - Vertébrés, Poissons Osseux ou Osteichthyes
Il existe environ 28.000 espèces de poissons, dont près de 27.000 Poissons Osseux.
Actinopterygii (45 ordres, 341 familles, +1945 genres, +23.712 espèces)
Perciformes : 40 % des espèces connues (22 sous-or, 165 fam, ++ gen, +7000 es)

Le Monde des Thons (genre Thunnus, 8 espèces)
Scombroidei (3 fam, 40 genres, 121 espèces), Scombridae (15 genres, 54 espèces)

Le Thon Rouge a Meilleure Mine (Thunnus thynnus)

ÇA M'INTÉRESSE N°494 > Avril > 2022

Dans la Fabrique des Thons Géants (Thunnus orientalis)


J.D.K. et C.G. - GEO N°501 > Novembre > 2020

L'Extraordianire Périple du Thon Rouge (Thunnus thynnus)

L.C. - SCIENCES ET AVENIR N°884 > Octobre > 2020

Les Fermetures des Usines à Charbon Bénéficient déjà au Thon

Y.S. - SCIENCE & VIE N°1193 > Février > 2017

Le Thon est aussi Bon Nageur que la Baleine

Les biologistes avaient échoué à répondre à la question. Ils avaient bien noté que les gros poissons consomment plus d’énergie que les petits pour se deplacer sur une distance donnée... mais ils n’avaient pu dire si leur nage était plus ou moins efficace.

Le constat était cruel : il n’existait aucune définition de l'efficacité de déplacement d'un poisson valable à la fois pour les gros et les petits. Thons et baleines devaient nager dans des catégories séparées, tels les hommes et les femmes au 100 mètres. Neelesh Patankar, de l'université Northwestern (Etats-Unis), a heureusement pris les choses en main. Plongeant dans les données collectées par les biologistes, le physicien a recensé la masse musculaire, le rythme métabolique et la vitesse de dizaines de poissons. Puis il a modélisé leurs ondulations en s'inspirant des formules de dynamique des fluides utilisées pour optimiser la forme des avions et des bateaux. Enfin, il a formulé un indicateur permettant de calculer le flux énergétique en fonction de la masse des animaux et, donc, de quantifier rigoureusement leurs performances. Un coefficient de consommation d’énergie qui a rendu le verdict tant attendu : égalité parfaite. Thon et baleine nagent tout aussi efficacement.

M.F. - SCIENCE & VIE N°1163 > Août > 2014

Les Secrets du Thon Rouge


NATIONAL GEOGRAPHIC N°174 > Mars > 2014

Thon Rouge : la surpêche s'accentue

En 2010, plus de 35.000 tonnes de thon rouge ont été pêchées en Méditerranée et dans l'Atlantique Est, selon les estimations du Pew Environment Group.

Alors même que les quotas alloués par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique n'en autorisaient que 13.000 tonnes.

B.B. - SCIENCE & VIE > Décembre > 2011

Est-il Bon d'Interdire le Thon ? (Thunnus thynnus)

Alors que l'Europe et les Etats-Unis se prononcent pour l'interdiction du commerce international du Thon rouge, les scientifiques jugent cette mesure inadéquate, privilégiant une pêche "durable" avec des quotas réduits.

"Le thon rouge n'est pas le panda des mers", s'agace Ajain Fonteneau, de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), las de l'alarmisme ambiant sur la disparition présumée de l'espèce. Sous la pression des ONG, l'Europe et les Etats-Unis se sont prononcés pour l'interdiction du commerce international de Thunnus thynnus, une mesure qui pourrait entrer en vigueur en mai 2011. Une décision excessive selon les chercheurs, qui plaidaient pour une gestion raisonnée des captures. "L'homme aurait du mal à éradiquer le thon rouge comme il l'a fait pour des animaux terrestres tels le dodo de l'île Maurice. L'océan est vaste et profond", poursuit Ajain Fonteneau. "Une seule femelle mature peut pondre des dizaines de millions d'œufs. On ne pourrra jamais traquer jusqu'à la dernière larve", renchérit Jean-Marc Fromentin, de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer). Qu'on ne s'y trompe pas, les chercheurs ne nient pas les menaces qui pèsent sur le stock : "La pêche peut éroder le patrimoine génétique des populations qu'elle exploite et les rendre plus vulnérables aux variations de leur environnement", rappelle Jean-Marc Fromentin. Mais pour eux, le thon rouge de l'Atlantique, l'un des poissons les plus prisés et les plus chers au monde (jusqu'à 525 € le kilo), aurait pu encore être pêché durablement, à condition de l'être de façon raisonnée. Les scientifiques ont des raisons d'être amers. Ignorés pendant des décennies par les pouvoir publics qui ont laissé piller les mers, ils assistent à la volte-face des états, soudainement sensibles aux arguments des ONG. Un revirement très politique. Thunnus thynnus, l'une des trois espèces de thon rouge (dessins ->), est devenu aux yeux des opinions publiques le symbole de la rapacité humaine et l'exemple flagrant de l'incapacité des états à bien gérer la ressource. En abondant dans ce sens, ces derniers ont voulu montrer leur bonne volonté, même si le débat reste vif. Pendant des années, la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA), pourtant chargée de le préserver, a honteusement autorisé des quotas de pêche très supérieurs aux recommandations des chercheurs, alors que le braconnage explosait. Résultat : les stocks de la population de l'Atlantique Ouest se sont peu à peu évaporés et ceux de l'Atlantique Est et de la Méditerranée sont parmi les plus fragilisés au monde. Supportant plus de 90 % des prises, ils sont menacés d'effondrement, comme ceux de la morue de Terre-Neuve qui ne se sont jamais reconstitués malgré le moratoire sur la pêche en vigueur depuis 1995. Statistiques approximatives, incapacité à imposer ses règles aux pays membres : la Cicta s'est discréditée. Il a fallu que les ONG se lancent dans la bataille, en 2006, aux côtés des chercheurs, pour qu'elle adopte enfin des quotas raisonnables et instaure des contrôles accrus. Pour les scientifiques, ce fut la promesse d'une gestion durable. Mais bientôt le WWF et Greenpeace réclamaient une mesure plus drastique : l'inscription du poisson en annexe 1 de la Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES).

Si le thon rouge, cette "Ferrari de l'évolution, taillée pour la course, l'endurance et la puissance", ainsi que le décrit Randy Kochovar, de l'université Stanford (Etats-Unis), suscite tant d'inquiétudes, c'est qu'il a une particularité, qui explique sa fragilité : il revient fidèlement pondre dans sa mer natale, entre mai et juillet. Pour la majeure partie des spécimens, ce berceau se situe en Méditerranée. Or, c'est dans cette nasse que se concentre en quelques semaines le gros des pêches annuelles internationales. Résultat : le nombre de reproducteurs mondiaux a beaucoup diminué depuis 1990, mettant potentiellement en péril le renouvellement des stocks. Mais - et c'est là que les avis divergent - la situation ne serait pas désespérée. "La population de thons sauvages de l'Atlantique Est et de la Méditerranée n'est pas "petite", estime Jean-Marc Fromentin. En 2008, on estimait le nombre de recrues (juvéniles d'un an) à 2 à 3 millions d'individus. La biomasse reproductrice serait de 100.000 tonnes, soit environ 500.000 individus". En outre, les reproducteurs semblent encore assurer le renouvellement des générations. Dans le golfe de Gascogne, les canneurs basques pêchent un nombre stable de juvéniles. L'Ifremer observe depuis deux ans de fortes concentrations de jeunes thons sur les côtes méditerranéennes françaises. Les pêcheurs sportifs et à la madrague (filets côtiers fixes) notent depuis peu de bons rendements, preuve que les récentes mesures de gestion - notamment le poids minimal de capture fixé à 30 kilos - commencent à avoir un effet positif. Autant de raisons qui conduisent les chercheurs à juger inutile l'inscription du poisson en annexe 1 de la Cites. "Les critères de l'annexe 1 sont inadaptés aux ressources halieutiques et au thon muge en particulier argumente Alain Fonteneau. Aucun scientifique sérieux ne peut prétendre estimer la "biomasse vierge", c'est-à-dire le poids total du stock des thons qui nageaient dans l'océan quand les pêcheurs ont mis à l'eau les premiers hameçons... C'est un poids estimable uniquement pour les ressources halieutiques exploitées depuis moins d'un siècle. L'exercice est impossible pour le thon rouge pêché depuis près de 10.000 ans". Selon les experts et les ONG, les estimations varient d'ailleurs de 850.000 à 2,8 milliards de tonnes !
L'étude historique des pêches en Méditerranée et Atlantique a aussi montré que "les captures fluctuaient d'un siècle à l'autre et que les stocks de thon rouge variaient en fonction du climat", souligne Jean-Marc Fromentin. Après avoir analysé plus de trois siècles de pêche à la madrague (de 1600 à 1950) en Méditerranée, son équipe en a déduit que les changements environnementaux, la température de l'eau notamment, modifiaient les routes migratoires (->). La fin brutale de la grande pêche en mer du Nord, prospère jusqu'en 1962, serait ainsi due au refroidissement de l'Atlantique Nord et à la disparition du mets favori du thon rouge dans cette région, le hareng, surexploité. Les prédateurs auraient simplement changé de route. Il en est de même pour la pêche au Brésil, disparue depuis 1965. Autant d'indices qui ont poussé les chercheurs à prôner une gestion "intelligente" de la ressource : "Des cycles à long terme conditionnent l'exploitation du thon rouge. Si les captures peuvent être élevées dans les phases de forte biomasse, elles doivent être réduites pendant les périodes de faible productivité. La capture maximale ne doit pas être fixe, mais variable selon les conditions environnementales", expliquent Alain Fonteneau et Jean-Marc Fromentin.

La condition indispensable à la préservation est donc de mieux connaître l'animal. "Les scientifiques aimeraient parvenir à prédire leurs déplacements, notamment en fonction de l'abondance de leurs proies", explique Patrick Lehodey, de CLS (Collecte localisation satellite). La Cicta a - enfin - lancé un appel d'offres pour un programme de recherche sur cinq ans, qui devrait permettre d'affiner les méthodes d'évaluation des stocks, pour l'instant dépendantes de déclarations de pêche souvent fausses ou incomplètes en Méditerranée. Aux Etats-Unis en revanche, les chercheurs comme Molly Lutcavage (université du New Hampshire) travaillent en confiance avec les pêcheurs depuis dix ans. L'inscription du thon rouge à la Cites - et donc une diminution draconienne des pêches - réduira notre collecte de données à long terme, et pourrait affecter nos travaux sur la biologie de l'espèce", explique la chercheuse.
Autre défi : poursuivre les recherches sur la reproduction du thon en captivité. Des scientifiques du Centre océanographique de Murcie (Espagne) sont parvenus à produire l'été dernier des œufs viables, dans le cadre du projet européen Selfdott. Maîtriser cette technique permettrait d'ensemencer la mer (sans garantie de succès) ou les fermes marines, même si l'élevage de ce carnivore n'est pas la panacée : il faut près de 10 kilos de poissons frais pour produire un kilo de thon, ce qui peut entraîner la surpêche d'autres espèces.

Un géant bardé de capteurs mais toujours insaisissable
Surveillés par avion, échantillonnés par bateaux, les thons sont aussi équipés de balises Argos "pop-up" programmées pour se détacher (schéma ->). Elles enregistrent, outre les coordonnées GPS des poissons, des données de température, de pression, de lumière océaniques, permettant de reconstituer leur environnement, leurs routes, la profondeur à laquelle ils plongent. Une fois remontées à la surface, elles émettent des signaux qui sont récupérés par satellite. Avec ces données, les chercheurs essaient d'estimer l'abondance, la distribution spatiale et les mouvements de cette population de thonidés, ainsi que l'impact éventuel du climat. Les déplacements du thon conditionnent la structure des stocks que les scientifiques choisissent pour évaluer les ressources et les gérer. Les captures mondiales de thons rouges sont toutefois faibles : 100.000 t/an, comparées à celles des autres espèces de thons : près de 5 millions de tonnes annuelles. Le stock de l'Atlantique Est et de la Méditerranée est menacé d'effondrement (mais pas de disparition). Le stock de l'Atlantique Ouest, dix fois moins important, ne repart pas en dépit d'une politique de pêche restrictive depuis dix ans. Malgré cinquante ans de suivi, les "changements de route" des géants, très mobiles et dispersés dans de vastes zones (voir carte migration), restent insaisissables.

R.M. - SCIENCES ET AVENIR > Avril > 2010
 

   
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