Le Monde des Myxomycètes

Les Myxomycètes

Myxomycètes
Fleur de tan sur un billot
CLASSIFICATION
 Domaine  Eukaryota
 Embranchement  Amoebozoa

Le nom myxomycète est formé de "myxo" qui signifie gélatineux, gluant et "mycète" dont la racine myc- signifie champignon (une dénomination plus judicieuse serait celle d'amibes collectives).

Ce nom de "myxo" fait référence à la formation du plasmode, un de leurs stades de développement, caractérisé par une masse gélatineuse. Cette masse correspond à une seule cellule non segmentée, dans laquelle baignent de nombreux noyaux. Ce plasmode n'est pas enfermé dans une paroi rigide ; il peut donc être animé de mouvements convulsifs et se déplacer (quelques cm par heure).

Cette forme se développe en fonction des conditions climatiques favorables. En particulier elle nécessite une hygrométrie (humidité de l'air) importante. Quand les conditions sont défavorables, le plasmode se rétracte et peut se replier dans les anfractuosités de son substrat. Les myxomycètes se rencontrent sur différents substrats toujours végétaux : bois morts, litière de feuilles et brindilles, compost, mousses...

Le plasmode se nourrit de bactéries, champignons pouvant même engloutir le sporophore entier d'un champignon.

REPRODUCTION DES MYXOMYCÈTES

Lors de la reproduction, ils prennent une forme plus proche du champignon avec un stipe (pied) pas toujours présent qui porte les spores emprisonnées dans un réseau de capilitium (fins filaments) qui peut être enfermé dans le peridium.
La reproduction se fait par spores. Quand un Myxomycète va former ses spores, la masse protoplasmique s'élève sur son support et se renfle en certains points pour former des masses sphériques, ovoïdes ou variable, sessiles ou munies d'un pédicelle plus ou moins court, le sporocarpe, très semblables aux sporanges.
Les myxomycètes servent de nourriture aux insectes comme les psoques, à certaines moisissures...
Environ 1000 espèces de myxomycètes sont actuellement dénombrées, réparties dans une soixantaine de genres.

Mycetozoa ; planche de Ernst Haeckel (1904 ->), in Kunstformen der Natur (les formes artistiques de la nature)

POURQUOI SONT-ILS EXCLUS DES FUNGI ?

Parce qu'ils produisent des spores et possèdent une membrane de cellulose autour de leurs spores, les myxomycètes ont été longtemps considérés comme des végétaux, puis des champignons, et inclus dans les anciens Mycetozoa devenus Myxomycetes, puis rebaptisés Myxostelidae.

WIKIPEDIA > Janvier > 2013

Créatures des Bois

SCIENCE & VIE DÉCOUVERTES N°221 > Mai > 2017

Champignons ou Animaux ?

Difficile de répondre à cette question tant ces êtres bizarres accumulent aussi bien les signes d'appartenance que d'exclusion aux différents règnes. Alors des champignimaux peut-être ? A moins qu'ils échappent tout simplement à notre exigence de tout faire entrer dans nos classifications.

Longtemps classés parmi les champignons, les myxomycètes, êtres étranges qui se déplacent en rampant à la recherche de leur nourriture, doivent-ils être considérés comme des animaux ? Il s'agirait alors de drôles d'animaux se reproduisant comme de vrais champignons en formant des spores qui seront dispersées par les insectes ou le vent. Pourtant, ils ne se nourrissent pas en absorbant leur nourriture du sol comme un végétal, mais en l'ingérant par phagocytose, c'est-à-dire en entourant la proie pour la digérer comme le font les êtres unicellulaires, en général microscopiques. Sauf que certains myxomycètes au summum de leur développement peuvent atteindre la taille d'une bouse de vache. Il faut reconnaitre que croiser une bouse de vache d'un joli jaune d'or rampant dans les bois a quelque chose de fascinant !
On les rencontre en effet dans les forêts humides, principalement sur le bois mort des souches, mais aussi sur des feuilles en décomposition, is trouvent les champignons dont ils se repaissent volontiers. À moins que, encore trop petits, ils se contentent de leurs spores ou de bactéries. À cet effet, ils se déplacent en rampant de manière saccadée et de quelques centimètres à l'heure, en laissant derrière eux une trace luisante ressemblant un peu au mucus des limaces. Comme ils sont dépourvus de pattes, le déplacement par reptation est le seul possible pour cette gelée vivante dont le corps gelatineux sans paroi rigide (appelé plasmode) n'est en fait qu'une seule et énorme cellule dont les innombrables noyaux se multiplient à peu près toutes les 10 heures lorsque les conditions sont favorables. En cas de sécheresse, les myxomycètes ont aussi la faculté étonnante de rétracter leur plasmode, de le solidifier, le transformant en sclérote, pour se recroqueviller dans les anfractuosités du bois mort afin d'attendre sans dommage que le retour de l'humidité leur permette de retrouver taille et consistance normales.

Les fructifications (->) - Lorsque le plasmode atteint sa maturité, il solidifie sa gelée pour former des petites sphères ou, comme ici, des bâtonnets munis d'un pied : les sporosystes. Les innombrables noyaux de cette cellule géante formeront chacun une spore qui, engermant, redomnera un nouveau myxomycète.

Les myxomycètes, sortes d'amibes géantes, ne font rien non plus comme tout le monde pour se reproduire. Ces êtres asexués auraient pu, comme les autres amibes, se reproduire en se divisant en deux cellules identiques. Au lieu de cela, lorsqu'ils sont arrivés à maturité, ils métamorphosent leur plasmode en sporocystes qui donneront des spores microscopiques facilement dispersées par le vent. On parle alors de fructification pour désigner ce processus qui explique pourquoi ils ont longtemps été classés parmi les champignons. Engermant, les spores donneront un nouveau plasmode et le cycle recommencera. Par leur capacité à stimuler notre curiosité et nous déranger intellectuellement, les myxomycètes nous montrent que la notion de règne animal ou végétal ainsi que nos classifications sont des produits de notre esprit et que la Nature, quelquefois, se moque de s'y conformer.

Fuligo septica (à g.) : À part quelques rares espèces assez caractéristiques comme ce Fuligo septica, la plupart des myxomycètes ne sont pas identifiables à partir du plasmode mais seulement par l'examen au microscope des sporosystes, ce qui requiert, outre un matériel conséquent, un niveau de connaissance que nepossèdent gue de rares spécialistes.

Tubifera ferruginosa (à d.) : Ce myxomycète, probablement Tubifera ferruginosa, semble avoir débuté la phase de métamorphose pour passer du plasmode aux fructifications.

P.L et G.L. - NAT'IMAGES N°24 > Février-Mars > 2014
 

   
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