DIMENSIONS Titan mesure 5150 km de diamètre. En comparaison, la planète Mercure mesure 4879 km et la Lune 3474 km, tandis que Mars mesure 6780 km de diamètre. Avant l'arrivée de Voyager 1 en 1980, on pensait que Titan était légèrement plus grand que Ganymède (5262 km de diamètre) et donc la plus grande lune du système solaire ; cette surestimation était provoquée par l'atmosphère dense et opaque de Titan, qui s'étend plusieurs km au-dessus de sa surface et augmente son diamètre apparent. Titan est donc le deuxième plus grand satellite du système solaire, et le plus grand satellite de Saturne.
La diamètre et la masse de Titan (et donc sa masse volumique) sont similaires à ceux des lunes galiléennes Ganymède et Callisto. Sur la base d'une masse volumique de 1,88 g/cm³, Titan serait composé à moitié de glace d'eau et à moitié de roches (silicates et fer). Ces composés plus lourds sont très peu présents en surface où la glace est le composant principal de la croûte de Titan (phénomène de différenciation). Cette glace est majoritairement de la glace d'eau mais elle est probablement mélangée avec de la glace d'ammoniac (NH3) ainsi qu'avec des glaces d'hydrocarbures, principalement du méthane (CH4) et de l'éthane (C2 H6). Titan est très probablement différencié en plusieurs couches, avec un noyau rocheux de 3400 km de diamètre entouré par plusieurs couches de différentes formes cristallines de glace. L'intérieur du satellite est peut-être toujours chaud et il est possible qu'une couche liquide d'eau et d'ammoniac existe entre la croûte de glace I et les couches de glaces plus internes. Un indice d'un tel océan a été découvert par la sonde Cassini sous la forme d'ondes radio à très basse fréquence dans l'atmosphère de Titan ; on pense que la surface du satellite est un mauvais réflecteur de ce type d'ondes, lesquelles sont plutôt réfléchies par la transition liquide-glace d'un océan interne. Cassini a également noté que les caractéristiques de la surface se sont déplacées jusqu'à 30 km entre octobre 2005 et mai 2007, ce qui suggère que la croûte est séparée de l'intérieur de la lune, une indice supplémentaire quant à l'existence d'un océan interne.
Généralités Titan est le seul satellite du système solaire possédant une atmosphère suffisamment développée ; les autres satellites n'ont au mieux que des traces de gaz. La taille de l'atmosphère de Titan serait comprise entre 200 km et 880 km (sur Terre, 99,999% de la masse de l'atmosphère réside en-dessous de 100 km d'altitude). Elle est opaque sur de nombreuses longueurs d'onde et interdit d'obtenir un spectre de réflectance complet de la surface depuis l'extérieur. Composition L'atmosphère de Titan est composée à 98,4% d'azote - la seule atmosphère dense riche en azote du système solaire en dehors de la Terre -, les 1,6% restants étant composés de méthane et de traces d'autres gaz comme des hydrocarbures (dont l'éthane, le diacétylène, le méthylacétylène, l'acétylène, le propane, le cyanoacétylène et le cyanure d'hydrogène), du dioxyde de carbone, du monoxyde de carbone, du cyanogène, de l'argon et de l'hélium. Origine
L'énergie solaire aurait dû avoir converti l'intégralité du méthane de l'atmosphère en hydrocarbures en 50 millions d'années, une durée relativement brêve à l'échelle du système solaire. En effet, les molécules de méthane ont tendance à remonter progressivement vers le haut de l'atmosphère où elles sont soumises au rayonnement solaire. Ceci a pour effet de les transformer en molécules plus complexes et donc plus lourdes qui retombent et sédimentent à la surface. étant donné les conditions de température et de pression à la surface de Titan, aucun moyen physique ou chimique ne permet la retransformation de ces composés organiques en méthane. En l'absence d'une autre source, celui-ci est donc irréversiblement détruit à une vitesse suffisante et la quantité actuelle de méthane dans l'atmosphère de Titan devrait être quasiment nulle. Vents La circulation atmosphérique suit la direction de la rotation de Titan, d'ouest en est. Les observations de l'atmosphère effectuées par Cassini en 2004 suggèrent que l'atmosphère tourne plus rapidement que la surface. Ionosphère L'ionosphère de Titan est plus complexe que celle de la Terre. La partie principale se situe à 1200 km d'altitude, mais une couche additionnelle de particules chargées existe à 63 km d'altitude. L'atmosphère de Titan est donc en quelque sorte donc séparée en deux chambres résonnantes aux ondes radio distinctes. Titan émet des ondes à très basse fréquence dont l'origine n'est pas connue, car il ne semble pas y avoir d'activité orageuse intense.
Photographie de Titan en fausses couleurs, montrant des détails de la surface et de l'atmosphère. Xanadu est la région brillante située dans le centre-droit. Vue de Titan par la mission Cassini, le 26 octobre 2004. Cette mosaïque de 9 images montre des variations d'éclat de la surface de Titan, et des nuages lumineux près du pôle sud. La région la plus lumineuse du côté droit et la région équatoriale portent le nom de Xanadu. La surface semble jeune et il n'y a pas de cratère visible. La surface de Titan a été décrite comme «complexe, produite par des fluides et géologiquement jeune». La sonde Cassini a utilisé un altimètre radar et un radar à synthèse d'ouverture pour cartographier certaines zones de Titan pendant ses survols. Les premières images révélèrent une géologie diversifiées, avec des régions lisses et d'autres irrégulières. Certaines zonessemblent d'origine volcanique, probablement liées à un dégorgement d'eau mélangée à de l'ammoniac. Certaines zones semblent créées par des particules poussées par le vent. Globalement, la surface est relativement plate, les quelques objets ressemblant à des cratères d'impact semblent avoir été remplis, peut-être par des pluies d'hydrocarbures ou des volcans. L'altimétrie radar suggère que les variations d'altitude sont faibles, typiquement de l'ordre de 150 m. Certaines zones atteignent cependant jusqu'à 500 m de dénivelé et Titan possède des montagnes, certaines hautes de plusieurs centaines de mètres, jusqu'à plus d'un kilomètre.
Le module Huygens toucha terre à l'est de la région nommée Adiri et photographia des collines pâles traversées de «rivières» sombres se dirigeant vers une plaine également sombre. Ces collines seraient composées de glace d'eau. Des composés organiques sombres, créés dans la haute atmosphère de Titan par le rayonnement ultraviolet du Soleil, pourraient pleuvoir sur ces montagnes. Ils seraient ensuite lessivés par la pluie de méthane et déposés sur les plaines.
Mosaïque en fausses couleurs d'images radar prises par Cassini autour du pôle nord de Titan, mettant en évidence des mers, lacs et rivières d'hydrocarbures. Les zones affichées ici en bleu indiquent des régions de faible réflexivité radar, probablement des étendues d'éthane liquide, de méthane ou d'azote dissous. Il est possible que la mer située dans le coin inférieur gauche soit en fait 2 fois plus grande qu'indiqué ici. Les conditions de température et de pression à la surface de Titan permettent au méthane et à l'éthane d'exister sous forme liquide. La présence de méthane liquide à la surface permettrait d'expliquer la grande quantité de méthane dans l'atmosphère. Cette hypothèse a vu le jour lorsque les planétologues se sont rendu compte du phénomène de destruction du méthane atmosphérique, au cours des années 1970. L'hypothèse d'un océan global d'hydrocarbures a même été envisagée mais les premières observations de la surface de Titan en infrarouge et en ondes radio depuis la Terre ont réfuté cette possibilité. Les sondes Voyager ont montré que l'atmosphère de titan était compatible avec l'existence de liquides, mais une preuve directe ne fut pas obtenue avant 1995, lorsque des données d'Hubble et d'autres observations suggérèrent l'existence de méthane liquide sur Titan, soit sous forme de poches disjointes ou de mers de la taille d'océans. La mission Cassini confirma cette dernière hypothèse, mais pas immédiatement. Lorsque la sonde arriva dans le système de Saturne en 2004, on espérait que des lacs d'hydocarbures seraient détectables par la réflection du Soleil à leur surface, mais aucune réflexion spéculaire ne fut observée au début. Au pôle sud, une zone sombre nommée Ontario Lacus fut le premier lac potentiel identifié, probablement créé par les nuages qui se concentrent dans cet endroit. Une côte possible fut également observée au pôle par imagerie radar. À la suite du survol du 22 juillet 2006, Cassini imagea les latitudes nord du satellite et mit en évidence de grandes zones lisses (et donc sombres au radar) qui constellaient la surface près du pôle. Sur la base de ces observations, l'existence de lacs remplis de méthane fut confirmée à la surface de Titan en janvier 2007. L'équipe de Cassini-Huygens conclut que les régions imagées étaient selon toute vraisemblance des lacs d'hydrocarbures, les premières étendues de liquide stables découvertes en dehors de la Terre. Certaines semblent posséder des canaux associés avec du liquide et gisent dans des dépressions topographiques. Cassini découvrit peu de cratères d'impact à la surface de Titan, suggérant une surface jeune. Parmi les cratères découverts, Menrva, un bassin de 440 km de diamètre à plusieurs anneaux, Sinlap, un cratère à fond plat de 80 km de diamètre et Ksa, un cratère de 30 km de large possédant un pic central et un plancher sombre. Cassini mit également en évidence des «cratériformes», des objets circulaires à la surface de Titan qui pourraient être liés à un impact, mais ne possèdent pas certaines caractéristiques qui rendrait leur identification certaine. Par exemple, un anneau de matériau clair de 90 km de diamètre nommé Guabonito : cette zone pourraient être un cratère rempli de sédiments sombres. D'autres zones similaires ont été observées dans les régions sombres Shangri-la et Aaru. D'autres objets circulaires furent également observées par Cassini dans la région claire nommée Xanadu lors du survol du 30 avril 2006. Des modèles de trajectoires et d'angles d'impact réalisés avant Cassini suggèrent que lors d'un impact avec la croûte d'eau glacé, une petite partie des éjectas reste à l'état liquide dans le cratère. Elle pourrait demeurer liquide pendant plusieurs siècles, une durée suffisante pour la synthèse de molécules précurseurs à l'apparition de la vie. L'atmosphère de Titan pourrait également jouer un rôle de bouclier en divisant le nombre de cratères à sa surface par deux.
Titan est sujette au cryovolcanisme. De l'argon-40 a été détecté dans l'atmosphère et indique des volcans recrachent des panaches d'une "lave" d'eau et d'ammoniac. Dunes de sable sur la Terre (en haut), comparées aux dunes à la surface de Titan (en bas). L'orbite de Titan (en rouge) parmi les autres lunes internes principales de Saturne. Climat La température à la surface de Titan est d'environ 94 K (-179°C). À cette température, la glace d'eau ne se sublime pas et l'atmosphère est presque entièrement dénuée de vapeur d'eau. Le brouillard de l'atmosphère contribue à un contre-effet de serre en réfléchissant la lumière du soleil : la surface de Titan est nettement plus froide que sa haute atmosphère. Les nuages de Titan, probablement composés de méthane, d'éthane ou autres composés organiques simples, sont épars et variables et ponctuent l'ensemble du brouillard. Ce méthane atmosphérique crée quant à lui un effet de serre, sans lequel la surface de Titan serait encore plus froide. Les données de la sonde Huygens indiquent qu'il pleut périodiquement du méthane liquide ainsi que d'autres composés organiques depuis l'atmosphère jusqu'à la surface de la lune. En octobre 2007, des observateurs ont noté une augmentation de l'opacité apparente des nuages au-dessus de la région équatoriale de Xanadu, suggérant une "bruine de méthane", bien qu'il n'y ait aucune preuve directe de pluie.
La composition actuelle de l'atmosphère de Titan semble assez proche de l'idée que l'on a de l'atmosphère primitive de la Terre, c'est-à-dire l'atmosphère de la Terre telle qu'elle était avant que les premiers êtres vivants ne commencent à produire de l'oxygène. La présence au sein de l'atmosphère de Titan de molécules organiques complexes identiques à celles qui pourraient être à l'origine de l'apparition de la vie sur Terre fait de Titan un objet d'étude très intéressant pour les exobiologistes. L'expérience de Miller-Urey et d'autres expériences ultérieures ont montré qu'il est possible de produire des molécules complexes et des polymères comme les tholins à partir d'une atmosphère similaire à celle de Titan et un rayonnement ultraviolet. Les réactions débutent par dissociation de l'azote et du méthane, formant du cyanure d'hydrogène et de l'acétylène. Des réactions ultérieures ont été étudiées abondamment. Toutes ces expériences suggèrent qu'il existe suffisamment de matériau organique sur Titan pour initier une évolution chimique analogue à celle qui s'est produite sur Terre. Cette analogie suppose la présence d'eau liquide sur de plus longues périodes que ce qui est actuellement observé, mais plusieurs théories suggèrent que de l'eau liquide provenant d'un impact pourrait être préservée sous une couche isolante de glace. Des océans d'ammoniac liquide pourraient également exister sous la surface ; un modèle suggère une couche d'eau et d'ammoniac située à 200 km de profondeur sous la croûte, des conditions qui «semblent extrêmes du point de vue terrestre, mais telles que la vie pourraient y survivre». Les transferts de chaleur entre l'intérieur et les couches externes est critique dans le maintien d'une vie dans un tel océan.
Sur l'image ci-contre, prise par la sonde Cassini, on voit, devant le disque de Saturne coupé par le fil de ses anneaux de glace, passer cette mystérieuse planète... Une planète ? Oui et non, car Titan est le plus gros des 62 satellites de Saturne. Mais cet astre absolument unique dans le système solaire est presque aussi grand que Mars ! Surtout, il possède une atmosphère épaisse, qui jette un voile opaque sur sa surface... Cette atmosphère d'azote, glaciale et dense, il a fallu attendre le milieu des années 2000, avec les sondes Huygens et Cassini, pour enfin la percer. Ce 17 mai justement, Cassini va passer à moins de 3000 km de Titan, et observer en détail une véritable mer, Kraken Mare. Par -180°C, elle n'est pas constituée d'eau, mais plus probablement d'hydrocarbures (méthane et éthane). Plus loin, d'immenses champs de dunes s'étendent, battus par des pluies de méthane... et des geysers expulsent de l'azote liquide. Saturne est brillante à l'oil nu, et ses anneaux sont visibles avec les plus modestes instruments. Titan est aussi facile à observer : dans l'oculaire d'une lunette ou d'un télescope, grossissant de 100 à 200 x, de nuit en nuit, il est très facile de suivre sa ronde auteur de la planète aux anneaux.
"Nous avons trouvé la principale pièce du puzzle", se félicite Erik Asphaug. Cet astrophysicien de l'université de Californie vient d'écrire la genèse de l'une des plus grandes lunes du système solaire : Titan serait née au côté de Saturne à la suite d'une collision gigantesque.
Leur hypothèse est la suivante : ces modification de la surface pourraient être dues a une activité volcanique. Sauf que, sur Titan, où il fait -180°C, les volcans cracheraient des glaces et des gaz, tels que de la vapeur d'eau, de l'ammoniac et du méthane. L'enquête continue dès le 7 février, date à laquelle la sonde Cassini effectuera son 50è survol de Titan.
D'où vient le méthane qui compose les mers de Titan, la lune de Saturne ? Pas de son ciel : le méthane qui s'évapore des mers est en effet dissocié dans l'atmosphère par les rayons UV et transformé en éthane, butane et propane qui retombent en pluie. Il n'y a pas de "cycle du méthane" sur Titan : les analyses réalisées par Olivier Mousis, de l'observatoire de Besançon, montrent que ce gaz était là dès l'origine, Titan ayant été formé avec des morceaux de comètes.
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