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Comète Lovejoy

Une Comète à l'Oil Nu

L'année 2015 commence bien avec la comète C/2014 Q2 Lovejoy, trois fois plus brillante que prévu.

Mi-janvier, sa magnitude était proche de 4.

Une aubaine pour les observateurs de l'hémisphère Nord.

Elle devrait rester visible à l'oil nu dans la première partie du mois de février.

CIEL & ESPACE N°537 > Février > 2015

 Comète Lovejoy le 8 Décembre

CIEL & ESPACE N°525 > Février > 2014

Du Spectacle et des Énigmes

À quelques jours de Noël, la comète C/2001 W3 Lovejoy est devenue exceptionnellement brillante dans le ciel austral.

- Voici qui donne une idée du spectacle visible à l'aube dans l'hémisphère Sud ! La comète Lovejoy y était aussi étendue que la Grande Ourse. Cette photo (à g.) a été prise depuis la station internationale le 24 décembre 2011, par l'astronaute Dan Burbank.
- Image de droite : En haut, Lovejoy plonge vers le Soleil. Contre toute attente, elle survit à son passage dans la couronne solaire et réapparait à droite du Soleil (milieu). Elle s'est détachée de sa queue, encore visible à gauche. Quelques heures plus tard, une queue s'est reformée (image du bas).

Outre le spectacle rare a l'oil nu, l'astre intrigue les astronomes. "La taille de son noyau était de 1 km avant son passage à 140.000 km du Soleil, le 16 décembre", estime Terry Lovejoy, l'astronome amateur qui l'a découverte le 27 novembre 2011. Etait-ce suffisant pour survivre à une traversée de la couronne solaire, chauffée a plusieurs millions de degrés ? À priori non. Pourtant, Lovejoy est réapparue plus brillante que jamais, après son rase-mottes solaire.
"L'astronome Robert McNaught dit ne pas détecter de noyau cométaire. Sur les images, Lovejoy ressemble maintenant à un cigare, ce qui rappelle l'aspect de la comète C/1999 S4 Linear après la dislocation de son noyau", note Nicolas Biver, de l'observatoire de Meudon. Le noyau aurait donc fini par se rompre quelques heures seulement après son flirt solaire. Ceci expliquerait le violent regain d'éclat enregistré par le satellite Soho, mais des observations complémentaires sont nécessaires pour étayer cette hypothèse.

Ce sursaut s'est accompagné de la formation de deux queues : l'une de poussière, l'autre de gaz. La seconde prend généralement une teinte bleu électrique, marquant la presence d'ions de monoxyde de carbone. Or, surprise, la queue de gaz de Lovejoy apparait presque blanche. Les données de Soho, en cours d'exploitation, devraient nous renseigner sur sa composition, mais "je ne serais pas surpris qu'il s'agisse d'une queue de sodium", pronostique Nicolas Biver. En effet, cet élément a déjà été détecté dans la grande comète de 1965 : Ikeya-Seki. Or, tout comme Lovejoy, Ikeya-Seki est issue d'une comète géante fragmentée il y a plus de 16 siècles. En résultent aujourd'hui des milliers de noyaux formant le groupe de Kreutz. Parmi celui-ci, deux familles de comètes circulant sur deux orbites voisines sont connues. Toutefois, Lovejoy n'appartient à aucune d'elles. "Ces deux groupes seraient issus d'une fragmentation du noyau d'origine vers l'an 356", précise Nicolas Biver. La reconstitution de la trajectoire de Lovejoy dans le passé montre qu'il y a eu au moins une autre fragmentation plusieurs siècles avant. Quant a savoir quand, c'est encore un mystère.

CIEL & ESPACE > Février > 2012
 

   
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