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Les Nanobactéries ne sont Pas des Bactéries mais des Molécules Inertes

Les nanobactéries n'existent pas ! Aucune trace de vie dans les nanons (petits points noirs ->).

Considérées depuis les années 1990 comme des entités vivantes à part entière, elles étaient associées à des maladies du rein et de la prostate. Or, il s'agit en fait de composés moléculaires inertes selon l'équipe de Didier Raoult et Patricia Renesto (CNRS, Inserm).

Baptisés nanons, ils sont constitués de calcium, de phosphate et de fétuine, protéine connue pour son rôle d'inhibition de la calcification des tissus. Mais au sein des nanons, elle favoriserait au contraire la cristallisation des minéraux à l'origine des calcifications pathologiques. Ce mécanisme pourrait être induit par un changement de conformation de la protéine vers une forme pathogène, semblable à celle du prion. Voilà comment les nanons joueraient un rôle dans l'apparition des calculs rénaux par exemple.

 E.H. - SCIENCE & VIE > Avril > 2008

Énigmatiques Nanobactéries

Qu'elles se trouvent dans des sources géothermales, des météorites d'origine martienne ou des calculs rénaux, les nanobactéries, ces plus petits êtres du monde vivant, posent une énigme à la science. Ont-elles la Terre pour origine ou viennent-elles de Mars ? Quel est leur rôle dans le monde vivant ?

Plus petites que toutes les bactéries connues, dotées de caractéristiques originales, elles sont une curiosité de la nature. Appelées nanobactéries, du fait de leur très petite taille comprise entre 20 et 150 nanomètres (un nanomètre est égal à 1 milliardième de mètre), ces nanobactéries violent l'un des dogmes les plus fondamentaux de la biologie : en deçà d'une sphère de 180 nanomètres de diamètre, la vie est considérée comme impossible. D'origine énigmatique, les nanobactéries ont été trouvées en particulier, dans des météorites. Puis on les a suspectées d'avoir la Terre pour berceau... Par ailleurs, les nanobactéries ne sont pas inoffensives : on vient d'en découvrir dans des calculs rénaux, ces cailloux responsables des coliques néphrétiques.

C'est en 1992 que les nanobactéries apparaissent pour la première fois, par hasard, dans l'objectif d'un microscope électronique. Alors qu'il examinait des échantillons de calcaire prélevés dans les sources d'eau chaude de Viterbe (Italie), Robert Folk, géologue attaché à l'université du Texas, à Austin, découvrit d'étranges formes fossilisées. Elles ressemblaient à des bactéries en modèle réduit, ayant l'aspect de bâtonnets ou de petits sacs. Robert Folk leur donna le nom de nanobactéries, sans pourtant avoir formellement démontré leur origine biologique.
En août 1996 David Mc Kay, du centre spatial Lyndon Johnson de Houston (Texas), annonçait avoir découvert des fossiles de nanobactéries mêlés a des concrétions de carbonates de calcium dans une météorite nommée Allan Hills 84001 (ALH84001 ->). Cette météorite, tombée sur les glaces de l'Antarctique il y a treize mille ans, provenait de Mars, selon les spécialistes de la NASA, et semblait apporter la preuve de l'existence d'une vie sur cette planète. Alain Carion a trouvé une météorite dans le sud tunisien, dont l'analyse a permis d'écarter l'hypothèse controversée selon laquelle la météorite ALH84001 examinée par la NASA recelait des micro­organismes martiens.

Pour que la vie puisse se réaliser, il lui faut un certain espace. En effet, les manuels de biologie enseignent que les mycoplasmes - bactéries responsables, notamment, de pneumopathies chez l'homme et chez certains animaux - sont considérés comme les formes les plus petites pouvant vivre et se reproduire. Or, les plus petits des mycoplasmes mesurent 300 nanomètres, soit deux à quinze fois plus que les nanobactéries. Les formes découvertes par Folk et McKay ne pouvaient donc être que des artefacts. Un microbiologiste américain, Michael Adams, de l'université de Géorgie à Athens (Etats Unis) devait en faire la démonstration. Il s'est attaché à déterminer la place minimale que devaient occuper les différents composants d'un micro-organisme pour que celui-ci puisse vivre. Ces éléments sont essentiellement la molécule d'acide désoxyribonucléique (ADN), qui porte, sous forme codée, le patrimoine génétique de la bactérie ; les ribosomes, qui permettent de lire et de traduire en protéines le message de l'ADN ; puis l'eau, les lipides et diverses substances accessoires. Le chercheur est arrivé à la conclusion que la taille miniminale de l'être vivant à même de contenir tous ces éléments était de 180 nanomètres, et que la place (en pourcentage) occupée par chacun des organites était de 10 % pour l'ADN, 10 % pour les ribosomes, 20 % pour les protéines, 50% pour l'eau et, enfin, 10 % pour les lipides et diverses autres substances.

On remarquera que la plupart des virus (poliomyélite, sida) ont des tailles inférieures à 180 nanomètres. Cependant ce ne sont pas de vraies forme vivantes, puisque, pour survivre ils ont besoin de parasiter des cellules. Une fois dans l'hôte, le virus s'installe aux commandes de la cellule et lui ordonne de fabriquer de nouveaux virus. Quant au prion, soupçonné de provoquer la maladie de la vache folle et la maladie de Creutzfeldt-Jakob, il a toutes les chances d'être, lui aussi, inférieur à 180 nanomètres.

En juillet 1998, un chercheur finlandais de l'université de Kuopio, le Dr Olavi Kajander, annonçait, une revue scientifique de référence, avoir découvert dans des calculs rénaux des nanobactéries non plus fossiles mais bien vivantes, dont la taille était trois fois plus petite que la "bactérie étalon" de l'Académie américaine. Qui, en effet, aurait pu imaginer que de telles minibactéries étaient présentes dans des cailloux rénaux ? C'est par hasard qu'Olavi Kajander fit sa découverte. Alors qu'il examinait des calculs rénaux de mammifères au microscope électronique, il eut la surprise de découvrir une pellicule blanche constituée de bactéries minuscules ayant, en moyenne, 60 nanomètres de diamètre. Selon le chercheur, ce sont elles qui synthétisent les carbonates de calcium dont les calculs rénaux sont constitués. Les calculs rénaux se formeraient selon le principe des cocons de vers à soie : au fur et à mesure de leur sécrétion, les carbonates formeraient une coquille autour des nanobactéries. Ayant isolé les nanobactéries des calculs, Kajander tenta de les cultiver en boîte de Pétri sur un support nutritif. Mais en vain ! L'échec était dû, entre autres raisons, au métabolisme extrêmement lent des nanobactéries, dix mille fois inférieur à celui des bacteries classiques. Par conséquent, un à cinq jours sont nécessaires pour qu'elles doublent de taille, alors que quelques minutes suffisent chez des bactéries ordinaires.
Leur métabolisme réduit expliquerait aussi leur faible taille : comme elles se contentent de peu, il est normal qu'elles ne prennent pas beaucoup de place. Cependant, on ne sait toujours pas comment les nanobactéries s'infiltrent dans l'organisme humain. Pas plus qu'on ne sait si elles sont toxiques ni si elles résistent aux antibiotiques. Sont-elles, par exemple, à l'origine des pathologies, qu'on appelle, par ignorance, essentielles ou encore idiopathiques ? À la science de le vérifier. À elle aussi de dire si l'on assiste actuellement au "réveil" de ces bactéries. Si tel était le cas, le pire seraît à craindre. Le HIV du sida et le virus Ebola des fièvres hémorragiques sont là pour nous rappeler qu'un agent pathogène resté tapi pendant des siècles au cœur de la forêt vierge peut, d'un moment à l'autre, devenir extrêmement pathogène si l'on en vient à bouleverser son environnement.

En mars 1999, le Dr Philippa Uwins, une géologue australienne de l'université de Queensland, mettait en évidence, au large de la côte australienne, des formes encore plus petites (20 nanomètres) que celles découvertes jusqu'alors. Elles n'étaient pas fossiles mais vivantes, et on pouvait les cultiver.
Une analyse minutieuse montra qu'elles possédaient une membrane cytoplasmique, une molécule d'ADN et d'autres composés indispensables à la vie. Ces micro-organismes lilliputiens furent isolés dans des carottes de sable prélevées entre trois et cinq kilomètres sous le niveau de la mer et datées du trias (entre -230 et -195 millions d'années) et du jurassique (entre -195 et -141 millions d'années).

VIEie ANTÉRIEURE

Mais d'où viennent les nanobactéries ? de la Terre ? On pense que cet aérolithe de type rocheux se serait formé il y a environ 4,5 milliards d'années. Un astéroïde aurait alors frappé la planète rouge et aurait éjecté des débris dont l'un, la météorite ALH84001, serait tombé sur la Terre. Mais pour expliquer la présence des nanobactéries, on en est encore réduit aux hypothèses. Quand on récolte au hasard sur la Terre une roche aussi ancienne et formée aussi profondément que ALH84001, on n'a quasiment aucune chance de trouver des nanobactéries. D'où trois hypothèses.
Ou bien les fossiles retrouvés sur la météorite proviennent de Mars, auquel cas leur présence serait due à la chance. L'astéroïde percuteur aurait frappé cette planète à un endroit où la vie était alors particulièrement abondante. Une mission de la NASA sur Mars, programmée pour 2005, devrait rapporter vers 2008 des échantillons de roche et fournir des éléments de réponse.
Ou bien des nanobactéries terrestres auraient contaminé la météorite, après sa chute sur la Terre.
Ou bien encore les nanobactéries se seraient développées en parallèle sur la Terre et sur Mars.

 SCIENCE & VIE > Janvier > 2000
 

   
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