Trop de Contaminants dans nos Logements |




E.C. - QUE CHOISIR N°590 > Avril > 2020 |
|
La Pollution Intérieure sous Haute Surveillance |

Pour la première fois, un système de notation affiche le taux de substances nocives émises par les matériaux (peintures, isolants...) utilisés dans nos maisons. Mais cela suffira-t-il ?
L'année 2012 marquera ou tournant dans la prise de conscience de la pollution qui affecte nos maisons et autres lieux clos. Cela fait maintenant plusieurs années que, études à l'appui, l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur alerte sur la présence de produits nocifs dans l'atmosphère des logements.
DIX POLLUANTS TRAQUÉS
Des substances dégagées par le chauffage, les produits d'entretien, les meubles, les sols, les cloisons ou les peintures, et qui se retrouvent dans l'air que nous respirons, entrainant rhumes, allergies et conjonctivites. Et cette pollution est d'autant plus problématique que nous passons plus de 90 % de notre temps dans des espaces confinés... Mais cette fois-ci, les consommateurs auront les moyens d'agir pour limiter eux-mêmes cette pollution. Depuis le 1er janvier, en effet, les nouveaux matériaux de construction et de décoration tels que peintures, colles, isolants et revêtements, doivent porter une étiquette affichant leur nocivité. Elle indique le niveau d'émission de dix des polluants les plus néfastes - des composés organiques volatils comme le formaldéhyde, l'acétaldéhyde ou encore le toluène - à l'aide d'une note qui va de A+ (très faibles émissions) à C (fortes émissions). “C'est une première en Europe”, se réjouit Suzanne Déoux, docteur en médecine et spécialiste en management des risques en santé dans les bâtiments. Dommage toutefois que les notes soient données par les fabricants eux-mêmes... Seront-elles rigoureuses ? “Les industriels ont tout intérêt à jouer le jeu", tempère la spécialiste, persuadée que les associations de consomrnateurs seront vigilantes.
REPÈRES : En 1982, l'OMS reconnait le syndrome du bâtiment malsain. En France, la création de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur a lieu en 2001. En 2004, elle est suivie d'un premier Plan national frangais Santé-environnement, puis d'un second en 2009. Depuis janvier 2012, les nouveaux matériaux doivent porter une étiquette précisant leur niveau d'émission de dix polluants. |
Mais l'avenir n'est pas dégagé pour autant. Déjà nettement plus pollué que l'air extérieur, l'air intérieur pourrait encore voir sa qualité se dégrader, notamment dans les logements neufs, avec la nouvelle réglementation thermique des bâtiments 2012. Pour garantir une plus grande efficacité énergétique, les logements devront désormais satisfaire à des normes d'étanchéité plus strictes, alors que le renouvellement de l'air est déjà insuffisant, à cause du manque d'aération et de systèmes de ventilation mal entretenus ou trop peu efficaces. Notre santé pourrait bien être la grande perdante de cette “chasse au gaspi”. À moins d'imposer des normes plus sévères pour l'aération des logements. En attendant, un geste simple s'impose : ouvrir ses fenêtres dans chaque pièce au moins dix minutes par jour, même en hiver.
P.L. - SCIENCE & VIE > Mai > 2012 |
|