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PARIS MATCH N°3935 > 3 Octobre > 2024 |
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Chercheurs d'OR dans les Égouts |

O.H. - SCIENCES ET AVENIR N°863 > Janvier > 2019 |
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Bengal : l'Or gît dans les Égouts |

En Inde et au Bangladesh, les quartiers des joailliers sont investis par des égoutiers un peu particuliers qui cherchent de l'or mêlé aux excréments.
Satar et Pratul ne se connaissent pas, leurs vies pourtant se ressemblent. Le premier vit à Dacca, capitale du Bangladesh, le second à Calcutta (aussi appelé Kolkata), dans le Bengale-Occidental, en Inde. Tous deux exercent le même métier, et font leurs affaires en famille. Leur profession ? Chercheurs d'or. Leur filon ? Les égouts putrides de villes parmi les plus densément peuplées du monde. Dans les deux cités, les canalisations des quartiers des joailliers sont exploitées par des orpailleurs de la misère.

À Dacca, les bijoutiers se sont rassemblés dans le quartier hindou de Shakari Bazar. C'est qu'une cinquantaine d'hommes fouillent les égouts, espérant recueillir quelques grammes de paillettes d'or qui s'envolent lorsque les artisans façonnent le précieux métal. Dans la capitale bangladaise, où l'eau est très largement polluée à l'arsenic, la santé de Satar, de son fils Razul et de leur compagnon d'infortune Robbi, est mise à mal. Chaque jour, ils collectent des dizaines de litres de boue infecte, qu'ils passent ensuite méticuleusement à la battée pour récolter tous les morceaux de métal qui pourraient se revendre. À ces conditions insalubres, s'ajoute la toxicité des effluves d'acide, dont ils se servent pour dissoudre les poussières métalliques sans valeur et révéler, en dernier lieu, l'or tant espéré. Pas de quoi pavoiser. Les trois compères gagnent à peine plus que le tiers de la population bangladaise, qui vit avec moins d'un euro par jour.

À 150 kilomètres de là, à Calcutta, sur Nalini Sett Road, quartier des bijoutiers, la situation de Pratul et de ses trois fils Imran, Ragu et Akash, n'est pas plus enviable. Les miettes d'or que la famille récupère leur permettent tout juste de vivre. Avec des dizaines d'autres miséreux, ils ratissent les caniveaux aux premières heures du matin, pour éviter de croiser trop de passants que ce désolant manège dégoûte. Les propriétaires des échoppes de bijoux ont d'ailleurs tendance à les chasser. Voilà toute la considération que leur accordent les marchands ayant pignon sur rue qui ne dédaignent pourtant pas de leur racheter les quelques bribes d'or qu'ils ont laissé échapper. Les meilleurs jours, Pratul et ses fils empochent 1000 roupies (15 euros), mais ils se contentent souvent de la moitié pour faire bouillir la marmite. Au Bengale, quand la masse des citadins commence à vaquer à ses occupations, les bouches d'égout situées devant les boutiques des joailliers ont déjà été discrètement refermées...
S.H. - CHOC N°143 > Mai > 2011 |
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