Le Pissenlit des Sables

Le Pissenlit des Sables

La vie peut étre rude sur une dune. Notamment pour les plantes qui l'habitent.

Dotée de petites fleurs jaunes, Hieracium eriophorum - une astéracée dont l'apparence rappelle le pissenlit - occupe uniquement des espaces morcelés sur une étroite bande de sable de 80 km, le long des dunes landaises (côte Atlantique française).

Jusqu'au XVIIIè siècle, avant que des pins soient semés en abondance sur les dunes, celles-ci étaient considérablement plus étendues qu'aujourd'hui, laissant davantage d'habitat potentiel à leur propre végétation. Après avoir longtemps stabilisé les dunes, l'homme (via l'Office national des forêts) les entretient désormais de façon à obtenir des paysages plus "naturels", en prise avec le vent. Le hic ? Sur certains secteurs, la dune est repoussée à l'intérieur des terres, vers la forêt, et sa végétation peut s'en trouver considérablement reduite. Dans un habitat si mouvant, sensible à l'érosion et à l'urbanisation, comment H. eriophorum réussit-elle à survivre sur de si petites surfaces ? Une équipe menée par David Frey et Gregor Kozlowski de l'université de Fribourg (Suisse) a tenté de répondre à cette question en étudiant à la fois la diversité génétique de la plante et l'histoire de son habitat et de sa distribution. Résultat ? La stratégie de survie de ce pissenlit des sables tiendrait dans sa capacité à disséminer un maximum d'individus sur un minimum de place. Ce faisant, l'espèce évite un appauvrissement de sa diversité génétique. Une tactique qui a probablement été adoptée par d'autres espèces dunaires.

L'habitat de tous les dangers : Un quart des espèces des bords de mer d'Europe sont endémiques d'une zone restreinte. Ces rives sont malheureusement soumises a une pression humaine importante, qu'elle soit industrielle, agricole ou récréative. Au total, 37 % des plantes du littoral européen seraient ainsi en danger.

C.L. avec P.B. - NATIONAL GEOGRAPHIC N°157 > Octobre > 2012
 

   
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