La Guerre à la Jussie en France

Les Cette plante colonise étangs, rivières et marais à la vitesse de l'éclair... Des centaines de jeunes bénévoles ont été mobilisés cet été pour arracher la jussie. Car cette plante à fleurs jaunes venue du Brésil étouffe toutes les autres.

A mains nues, les pieds dans l'eau, 250 jeunes d'un camp de vacances ont fait un sort à la jussie, une plante originaire du Brésil. Particularité ? Son expansionnisme. Partout où elle prend racine, elle étouffe toute autre végétation et rend les cours d'eau impraticables.

Introduite en France à la fin du XIXè siècle, échappée sans doute d'un bassin ornemental où sa robe bouton d'or faisait merveille, elle est devenue une nuisance avérée dans toute la France, de la baie de Somme à la Camargue, en passant par les Landes et le Centre. C'est là, dans l'Indre, que les responsables du parc régional de la Brenne ont eu l'idée de lancer l'opération jeunes. «La première à mobiliser autant de gens», indique Stéphane Riallin, ingénieur territorial au parc.

LEUR VOLUME DOUBLE TOUS LES 10 JOURS

La chasse à la jussie nécessite des précautions infinies. Sitôt arrachées, les fleurettes doivent être stockées hors sol pour empêcher leur dissémination. Il faut ensuite les recouvrir d'une bâche pour éviter qu'elles ne se ressèment, avant d'en faire du compost, de les brûler ou de les enterrer très profondément. Interdites à la vente depuis 2007, «elles font partie des 10 % d'espèces naturelles invasives connues», explique Stéphane Riallin. En Brenne, où d'autres cueillettes ont déjà eu lieu, celle-ci a fait mouche : «Les jeunes étaient remontés comme des coucous, ils ont relancé l'intérêt des propriétaires d'étangs pour cette pratique.» Urgent, car le volume des petites fleurs jaunes double tous les... 10 à 20 jours.

 Texte Sylviane Stein - Photos Hellio-Van Ingen - Ça M'intéresse > Octobre > 2009
 

   
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